Enfin ! Enfin, je vous parle de cette incroyable « utopie musicale » initiée par Valoche, créateur du très bon blog B comme BoxsSons. Net Emergence part d’une idée simple et noble : faire émerger tous les mois un artiste déniché sur le Web. Pour cela le principe est simple : un jury de 12 personnes (musiciens, blogueurs, journalistes ou simples amateurs de musique) choisit un groupe parmi la liste proposée. Une fois celui-ci sélectionné, chacun doit relayer l’information pour faire connaître l’artiste au plus grand nombre. J’ai l’honneur de faire partie du jury depuis la création du projet il y a trois mois et la honte de n’en parler enfin sur ce blog qu’aujourd’hui !
Ça aurait été un crime de passer sous silence le talent de Dorian Wood. Ce Californien auteur d’un premier album paru en 2007, Bolka, et d’un EP en 2009, Black pig suite, compose une pop qu’on pourrait qualifier tout simplement de parfaite. Avec peu de moyens, Dorian Wood a réussi à réunir sur ces quatre chansons une ribambelle de musiciens et d’instruments : trompettes, accordéons, choristes ou contrebasses. Navigant entre les relents déglingués de Tom Waits et la voix de Michael Stipe, Dorian Wood est une vraie belle découverte. Il ne lui reste plus qu’à compter sur son talent pour attirer le public qu’il mérite. Ou toucher du bois.
En ces temps agités de crise du disque, certains artistes ou labels n’hésitent pas à tenter l’innovation. C’est souvent le meilleur moment pour trouver de nouvelles solutions de commercialisation de la musique, comme le soutien Emmanuel Torregano dans son livre d’entretiens Vive la crise du disque. C’est également concrètement le cas de Domenico Curcio, un pianiste belge qui depuis plusieurs mois a mis sur pied son albumPiano solo. Désormais enregistré et disponible, l’album a suivi une longue gestation très intéressante dans sa démarche.
Dès l’année dernière, Domenico Curcio commence à faire parler de lui en proposant chaque semaine une vidéo de lui interprétant un nouveau titre de son album. Il dévoile ainsi comme cela son disque au fur et à mesure et mise sur la fidélité de son auditoire. Mais c’est une autre idée qui fera beaucoup parler de lui : son concept de concert à domicile en direct. Le pianiste se déplace ainsi gratuitement chez vous gratuitement (seuls le logement et le voyage sont à vos frais). En invitant ses amis et en les faisant participer à ces frais, on obtient ainsi un concert intimiste par un pianiste talentueux pour un prix dérisoire et très éloigné des tarifs des concerts actuels.
Depuis le mois dernier, l’album de Domenico Curcio est enfin disponible. Là encore, son mode de distribution est original. Le prix du téléchargement est à la discrétion de l’internaute, le montant est libre. Le CD au packaging soigné est en revanche vendu 15 euros, dont 2 euros iront directement dans la poche de l’Unicef. Le comble dans tout ça, c’est que cet album est très bon. Les dix huit titres sont d’une cohérence parfaite et rappellent au grès de leurs notes aussi bien Erik Satie, que Keith Jarret ou encore Harrold Budd, mais avec une influence romantique très présente. En plus d’être sympathique, Domenico Curcio est talentueux et imaginatif. Ce serait dommage de ne pas aller à sa rencontre.
Difficile d’arriver après la tempête. Que dire d’un tel album alors que tout a été très justement dit bien avant ? Que faire d’un disque qui obsède autant une platine ? Comment arriver à décrocher d’un tel album ? Difficile à dire quand on entend de quelle manière Kieran Hebden a produit There is a love in you. Touche-à-tout de génie, le guitariste de Fridge (son groupe à la discographie en pointillé) survole les styles sans aucun complexe. Mieux encore, il se permet non pas de les juxtaposer, mais de dépasser ce genre de collage grossier commun à beaucoup de groupes qui tentent le cross over. En résulte des titres d’une finesse extrême, navigant entre l’ambient, le folk, le jazz, le trip-hop ou l’electronica.
La presse britannique s’était même risquée il y a quelques années à inventer le mot folktronica pour qualifier le style de Pause, son second album. Rien n’y fera, même ce néologisme sera de trop pour parler de cette « intelligent dance music ». Énumérer ces genres ne rime finalement à rien, pour décrire la musique de Four Tet. Il vaut mieux parler ici d’émotions, car ce sont bien elles qui guide l’écoute de There is in love in you. Angel echoes nous donne l’impression d’être pris dans un tourbillon vocal. Les neuf minutes de Love cry et sa rythmique jazz hypnotisent par son hédonisme. Circling incite à l’introspection, tandis que Sing et son gimmick entêtant donnent envie de danser. Les arpèges de This unfolds nous plongent dans une léthargie régénérante et Revesing nous englobe dans une ouate confortable et onirique. Puis Plastic people nous en réveille et She just likes to fight conclue l’album en nous donnant un incroyable espoir en la vie.
Parfois, écrire permet d’évacuer une obsession et de passer à autre chose. Rien n’est moins sûr avec ce disque.
C’est acquis, Benjamin Biolay est enfin reconnu à sa juste valeur grâce à La superbe, son dernier double album désormais disque d’or (50 000 exemplaires vendus). Laché par EMI, recueilli par Naïve une fois ses nouvelles chansons enregistrées, le Lyonnais est aujourd’hui sur les routes de France pour une trentaine de dates. Hier soir avait lieu sa première parisienne au Casino de Paris. Bien plus à l’aise en studio que sur scène, on l’avait pourtant découvert presque confiant il y a un peu plus de deux ans à la Cigale lors de la tournée de Trash yéyé. Tics de rappeurs (sa grande passion musicale), mais encore timide lorsqu’il jouait de la trompette, Biolay y avait pourtant démontré l’étendue de son talent lorsqu’il s’agissait d’adapter ses chansons luxuriantes à une formation scénique réduite.
Hier soir, c’est à une véritable métamorphose que l’on a assisté. Oubliés les polos et les figurines taille réelle de basketteur NBA (son autre passion). C’est dans un costume entièrement noir qu’il s’est présenté avec ses musiciens : bassiste, batteur, guitariste, harpiste/violoncelliste et un dernier homme à tout faire, clavier/theremin/machines/xylophone. L’ensemble du groupe proposait un niveau technique assez incroyable avec toujours la même dextérité à interpréter les versions adaptées pour la scène. L’autre métamorphose avait également eu lieu dans le public, incroyablement rajeuni. Biolay est désormais aussi l’idole des jeunes filles de 18 ans qui connaissent son répertoire par coeur. Une ferveur qui donne une ambiance encore jamais vue à ses concerts jusqu’alors.
Seul bémol, le chant du principal intéressé reste en de rares moments son point faible. Cela se ressent notamment sur les chansons faisant la part belle au talk-over. Biolay s’y risque à presque rapper, pour un résultat peu concluant (comme sur Assez parlé de toi).Pourtant, le reste du concert est irréprochable : deux heures de musique, dont trois rappels, balayant surtout ses deux derniers albums. La superbe est le grand gagnant, en plus de la chanson titre : Padam, 15 septembre, Ton héritage, Si tu suis mon regard et Prenons le large (qui sonnent presque comme du New Order sur scène), Lyon presqu’île ou encore Night shop.
De Trash yéyé, Biolay en tirera Bien avant, Dans la Merco Benz et Qu’est ce que ça peut faire. Une épique version d’A l’origine trouvera toutefois sa place dans le concert lui permettant de se lâcher comme jamais, à genoux sur scène, hurlant dans le micro. Quelques clins d’oeil viendront pimenter la setlist : Nuage noir issu de la BO de Clara et moi (la chanson que Françoise Hardy préfère de lui), Les séparés (écrite pour Julien Clerc), Négatif et Les cerfs volants de son tout premier album Rose Kennedy. Mais tout cela n’était finalement rien par rapport à la conclusion où Biolay nous gratifiera d’un inespéré Brandt rhapsodie en duo avec son incroyable harpiste. Une dernière claque avant de rafler le gros lot du Casino.
À l’heure où la pop mondiale ne regarde que le nombril de Brooklyn, certains labels comme InFiné préfèrent braquer leurs projecteurs sur des tendances venues d’ailleurs. Après Aufgang l’année dernière, c’est sur le premier album de Clara Moto que s’ouvre 2010 pour l’indépendant français.
Loin de l’esthétique classico-technoïde du trio, l’Autrichienne s’applique dans une musique électronique froide et minimaliste. Sur des beats très ronds et groovy, Clara Moto pose quelques percussions discrètes et des mélodies tout en finesse. La native de Graz se permet même de rappeler sur cet album Mimu. Cette chanteuse, déjà aperçue sur le titre Silently l’année dernière, pose ici sa voix sur Deer and fox. Le résultat très réussi sonne comme un Superpitcher au féminin.
Mais Clara Moto ne sait pas seulement réaliser de la musique dansante. Elle oublie également les rythmes comme sur les superbes Goodnight twilight ou Joy of my heart (avec quelques bribes vocales). Quand les beats reprennent, comme sur Three minutes ou Take a second, on se voit bien danser dessus au petit matin, en plein milieu du Panorama Bar de Berlin en regardant le soleil se lever par la fenêtre. Le genre de groove par lequel on est emporté grâce à la mélodie qu’il souligne. Comme souvent, quand la pop tourne en rond, le mieux est encore de se tourner vers la musique électronique.
Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :
Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d’un classement des meilleurs albums de l’année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l’identique sur tous nos blogs ! Lire la suite »
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Hier soir avait lieu le concert le plus WTF jamais vu depuis… certainement la précédente tournée de Rammstein. Le groupe allemand adepte de pyrotechnie et de grandiloquence a livré une prestation qui sentait l’essence et le cochon grillé. Difficile de dire vraiment plus que ce que vous avez pu lire sur Twitter. Voici donc le LOL tweet report du concert résumé en 17 étapes improbables. Lire la suite »
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