La musique est le seul plaisir sensuel sans vice.

Chocolate Genius Inc. — Swansongs

Publié le 6 septembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 9 commentaires »

Musicien rare parmi les rares, Marc Anthony Thompson sort d’un silence discographique long de cinq ans. Avec Swansongs il offre un album subtil, aérien et touchant. Tout comme sa prestation acoustique dans les studios attenants à son label français No Format.

Certains albums vous parlent comment vous parlerait un ami. On y retrouve une partie de soi, on échange, on est touché, mais on ne saurait dire pourquoi. Impossible d’y mettre des mots concrets, impossible de trouver une formulation adéquate pour faire comprendre ce que l’on ressent. Plus le temps avance, plus je rencontre le symptôme avec les disques que j’aime et qui me touchent au plus profond de mon âme. Comme si justement la musique s’adressait directement à cette dernière, sans avoir besoin d’un quelconque langage autre que le solfège pour se faire comprendre.

Swansongs est typiquement de ces disques là. Difficile de dire quoi que ce soit de cet album. Le style est passe-partout : ballades classieuses autant inspirées par la musique noire que blanche, autant par la soul que la pop. Quelques touches électroniques viennent ajouter un léger surplus de modernité pour que l’ensemble ne paraisse pas suranné. Puis un jour on se retrouve parmi une petite quinzaine de personnes, dans un studio aux rideaux tirés, un verre de vin à la main, assis dans un canapé confortable, à deux mètres de Marc Anthony Thompson accompagné du guitariste Seb Martel. Et l’on est subjugué.

Six chansons lui suffisent à nous émouvoir comme jamais. Ce n’est que du blues que chante finalement Thompson. Ses chansons transpirent la mélancolie, la tristesse même. Qui se souvient de la dernière où il a vu un chanteur essuyer ses larmes à la fin d’une chanson ? C’est pourtant à cela que l’on a assisté après avoir terminé un morceau déchirant dédié à sa mère. En trois mesures nous voilà happés dans son univers raffiné pour lequel Seb Martel cisèle quelques parties de guitare non moins exquises. On se rend compte que finalement, le disque Swansongs n’est qu’un début, une porte d’entrée dans l’univers émotionnel de Marc Anthony Thompson.

D’après Seb Martel, des concerts sont en préparation pour de possibles dates à la Boule Noire d’ici à la fin de l’année. Sortie de l’album le 18 octobre.


The Chemical Brothers – Further

Publié le 13 juin 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 6 commentaires »

Et si on se cotisait pour les Chemical Brothers ? Depuis 2002 et Come with us (leur premier album qui faisait moins bien que les précédents), le duo britannique semble ne pas avoir acquis de nouvelles machines. En résulte toujours ce même son entre techno psychédélique et énergie rock. Avantage du procédé : on reconnait un album de Tom Rowlands et Ed Simon entre mille.

Cela ne loupe pas avec Further, premier album des Chemical Brothers depuis trois ans. En ouverture, Snow imprime son larsen et sa rythmique avec basse et vocaux répétitifs, mais c’est surtout Escape velocity, second titre épique de douze minutes qui utilise à outrance tous les codes chimiques de la fratrie. Des montées interminables, une boucle basique et une efficacité redoutable.

Car malgré cette utilisation encore et encore des mêmes sons, le résultat donne une immense envie de danser comme on en avait plus eu depuis It began in Afrika. Ce titre est loin d’être le seul à remplir ce contrat. Horse power se pose aussi comme une machine à dancefloor avec un hennissement de cheval comme principal gimmick. Entre ces titres, le duo insère quelques morceaux plus pop (K+D+B), downtempo (Another world) ou carrément psychédélique (Dissolve, une des meilleures productions du disque).

En seulement huit titres et 52 minutes (leur album le plus concis depuis Exit planet dust), les deux Mancuniens montrent qu’un recours aux featurings limité donne bien plus d’homogénéité à leurs albums. Surtout, les Chemical Brothers reviennent à la valeur principale de leur musique qui leur faisait défaut depuis des années : l’hédonisme.

  • Album Further disponible le 14 juin (EMI)


Arandel – In D

Publié le 11 juin 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 2 commentaires »

Introspection maladive et ambiance lunaire. L’écoute d’In D d’Arandel laisse forcément des séquelles. Entièrement réalisé sans aucun sample ni utilisation de MIDI, l’album s’inspire et rend hommage au mythique In C de Terry Riley. Cette performance technique pour un album lorgnant fortement du côté de la musique électronique ne masque pas pour autant l’artistique. Comme toujours, la contrainte appelle l’inspiration. Cela est confirmé par une nouvelle fois par Arandel.

Pour cet album le musicien a fait appel à divers instruments : boites à rythmes, claviers analogiques, stylophone, hapidrum, mélodica, violoncelles, flûtes ou xylophone. Il se paye même le luxe de faire appel à la voix de Fredo Viola. En résulte une oeuvre d’une incroyable richesse ballotant l’auditeur d’une ambiance digne des meilleurs clubs européens (In D #7) à une vision d’une apocalypse approchante a pas lent, mais assurés (In D #9).

On navigue aussi bien entre les eaux troubles souillées auparavant par Brian Eno (In D #6) que vers une chorale angoissante rappelant le son émis par le mystérieux monolithe de 2001, l’odyssée de l’espace et portée par une basse dub lancinante. L’ensemble propose une homogénéité digne des grands disques. On comprend alors la somme de travail effectué pour cet album sombre et troublant. Encore un coup de maître chez InFiné, les bonnes habitudes vont être difficile à perdre.

  • Album In D disponible le 28 juin (InFiné / Discograph)
  • In D prochainement en écoute sur Deezer


1973 – Bye bye cellphone

Publié le 19 mai 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 2 commentaires »

15 mai 2010, il souffle un vent encore froid à Paris malgré le printemps bien avancé. En ce week-end de l’Ascension, la Flèche d’Or est pourtant aussi peu remplie qu’en plein mois d’août. On rêve depuis un mois à l’été qui avait bizarrement fait une apparition durant le Printemps de Bourges. Depuis un mois tourne aussi en boucle sur la platine Bye bye cellphone, le premier album du trio parisien 1973.

Sur la scène de cette ancienne gare de la Petite Ceinture parisienne, le trio accompagné de sa section rythmique déroule sa pop subtile et réchauffe enfin l’ambiance pourrie précédemment par Young Man. Difficile de penser que derrière ce titre naïf se cachait autre chose qu’un disque de hippies prônant le retour aux sources. La date choisie comme nom de baptême du groupe pouvait également laisser penser à des gamins de dix-huit ans, nostalgiques d’une époque où le rock n’était pas seulement une mode chez H&M. Rien de tout ça n’est finalement juste, ce premier album n’est rien d’autre que le premier disque de grands gamins, très loin d’être des teenagers.

Comment des gosses auraient-ils pu de toute manière composer ces onze chansons au sens mélodique plus entendu en France depuis longtemps ? Pour arriver à ce niveau de perfection en terme d’arrangement pop, c’est vers les années 60 qu’il faut se tourner. Du banjo aux claviers vintage, tous les clichés y passent sans pourtant jamais sonner comme tels. Difficile, voire impossible, de ne pas écouter l’album en entier une fois lancé et être émerveillé devant tant de cohérence. L’évidence même des mélodies et l’atmosphère terriblement ensoleillée de l’ensemble nous fait finalement pousser des ailes et rêver d’évasion.

Road trip en cabriolet à travers les États-Unis, cheveux aux vents pour ceux à qui il en reste, ou farniente au bord de l’eau. On s’imagine pendant ce moment précieux où le soleil se noie dans la mer. Plus rien alors n’a d’importance puisque l’endless summer est là et que l’on tient le disque parfait pour l’accompagner. Et l’on pense alors aux propos de Montesquieu dans son interprétation de la théorie des climats : « la paresse y sera le bonheur ».


Lilly Wood & The Prick / Invicible friends

Publié le 17 mai 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 12 commentaires »

Un tube tient à peu de choses. Certains producteurs et compositeurs en rêvent pendant des années avant d’en décrocher enfin un. D’autres ont une recette personnelle, déclinable à l’envie, mais ne fonctionnant en général qu’un temps. Enfin, certains préfèrent l’artisanat : une voix et une guitare suffisent parfois. Lilly Wood & The Prick l’a bien compris.

Au tout début de l’année dernière débarquait un EP de six titres intitulés malicieusement Lilly Wood and the what ? . Enregistré avec trois bouts de ficelles il posait déjà les bases du duo formé par Ben et Nili. Avant de se conclure sur une étonnante reprise de L.E.S. artistes de Santogold, le disque s’ouvrait surtout sur Down the drain, incroyable tube en puissance. Une rythmique simple et entrainante, un décalage total avec des paroles qu’il vaut mieux ne pas traduire sous peine de dépression et un refrain imparable composaient cette recette implacable. Depuis, beaucoup de travail a été fait. Le groupe a rencontré le producteur Pierre Guimard, ressorti une seconde version de l’EP, mieux produite et s’est surtout attelé à la ce premier album.

Beaucoup pensaient que Lilly Wood & The Prick n’étaient finalement qu’un énième groupe de folk parisien qui finirait noyé au milieu de ses contemporains. À l’écoute d’Invicible friends, c’est certainement le contraire qui se produira. Petite usine à tube, l’album n’hésite pas à côtoyer tous les styles, sans jamais frôler l’overdose. La longue intro voix piano teinté de soul sur Cover my face débouche finalement sur une pop langoureuse. No no (kids) est une déclaration d’amour à toutes celles qui se contrefichent de leur horloge biologique. Prayer in C devient une lente ritournelle grâce à un parfait gimmick de flute. Le duo se permet même de commettre un nouveau tube avec My best. Si les radios jouent le jeu, Lilly Wood & The Prick deviendront les prochains The Ting Tings ou The Dø. Rien de moins.


Electric Electric et Roger Moll’s artistes Net Emergence de mai

Publié le 4 mai 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 1 commentaire »

Du rock rageux et du hip-hop qui fait bouger la tête de bas en haut. Ce mois-ci, le jury de Net Emergence n’a pu trancher entre deux artistes qui l’ont séduit : Electric Electric et Roger Moll’s.

Point commun des deux élus du mois : produire une musique instrumentale. Preuve qu’un chanteur est loin d’être indispensable à une musique de qualité. Quelques gimmicks de voix chez Electric Electric, quelques bribes vocales chez Roger Moll’s, cela suffit à remplacer le parfois lassant schéma couplet/refrain.

Les points communs s’arrêtent toutefois là. Electric Electric fait plutôt dans le rock nerveux, dansant et explosif. Roger Moll’s est quant à lui du genre à bricoler dans son coin avec son sampler. Tout y passe : violons, orgues et même le superbe Jane B. de Gainsbourg, chanté par Birkin en 1969.


Foals – Total life forever

Publié le 26 avril 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 9 commentaires »

Bourges, 17 avril 2010, Foals donne l’un des meilleurs concerts du Printemps. Dans le Palais d’Auron, l’autre quintet d’Oxford joue devant un public hyper réceptif. Les teenagers de l’assistance se prennent en pleine face la précision du jeu du groupe, ses grooves syncopés, mais surtout son énergie et son plaisir de jouer ensemble. Fort logiquement, on se met à attendre plus de raison, son second album. Depuis déjà quelques semaines, l’attente du successeur d’Antidotes semble se rallonger au fur et à mesure que l’on se rapproche de sa date de sortie.

En 2008, Foals avait en effet composé l’un des tout meilleurs albums de l’année. Antidotes était un équilibre parfait entre complexité math rock et mélodies pop. Rien que Red sock pugie proposait un refrain plus catchy que n’importe quelle clip de MTV dans les 80s. La même année en novembre, les Anglais retournaient également la Cigale pour le Festival des Inrocks grâce à un Yannis Philippakis survolté qui n’hésitait alors pas à grimper sur le balcon de la salle parisienne. Claque sur disque, claque sur scène, le groupe se plaçait ainsi de belle manière sur l’échiquier du rock européen.

C’est donc avec circonspection que l’on découvre Total life forever pourtant porté par une superbe chanson dévoilée il y a quelques semaines via un clip magnifique. Spanish Sahara promettait en effet monts et merveilles : quelques accords subtils au son d’une guitare claire, voix cristalline de Philippakis, immense montée en intensité se terminant par une explosion rythmique et mélodique. Malheureusement, ce sera la meilleure chanson de l’album, loin devant le reste du tracklisting. Quelques rares titres émergent toutefois de l’ensemble : Blue blood, le single This orient, Black gold ou After glow. Le reste n’est pas convaincant, comme Miami qui sonne comme un vieux Cure mal dégrossi. Album décevant, prestations scéniques extraordinaires, c’est tout le paradoxe qui anime Foals, un groupe qui aime décidément marquer sa différence.

  • Album disponible le 10 mai
  • En concert le 2 juillet aux Eurockéennes et le 27 août à Rock en Seine


Tosca – Pony (no hassle versions)

Publié le 24 mars 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 2 commentaires »

L’art du remix est certainement l’un des exercices les plus casse-gueule qu’il soit. Certains s’en sont fait une spécialité à en devenir médiocres dans leurs propres productions, d’autres essayent tant bien que mal de s’y adonner. Outre un simple morceau, le remix peut aussi redonner vie à un album complet.

Depuis les années 90, les remix ou dub albums ont ainsi fleuri de toute part. Quelques exemples ont ainsi illuminé la discographie de certains artistes. En 1995 Ruby, pseudo de Lesley Rankine ancienne chanteuse de Silverfish, sortait ainsi Salt peter son premier album solo produit par Mark Walk. Si le résultat était loin d’être catastrophique, le disque restait toutefois un cran en dessous de la production electro-trip-hop-rajoutezlamentiondésirée de l’époque. Un an plus tard, patatras, il fallait revoir son avis avec la sortie d’un remix album judicieusement sous titré Revenge, the sweetest fruit. On y retrouvait quelques plus beaux noms d’alors : Peshay, Red Snapper, Monkey Mafia, Primal Scream et surtout Fila Brazilia pour une version de The whole is equal to the sum of its parts qui restera l’une des référence downtempo de la décennie.

À la même époque, Massive Attack confie les bandes de No protection à l’un des maîtres du dub : Mad Professor. Passé sous sa moulinette, le disque retrouve le pouvoir hautement hypnotique d’un groupe constamment sous l’emprise d’une herbe folle. Toujours dans l’exercice dub, en 1997 Adrian Sherwood, fondateur de l’incroyable label On-U Sound, passera Vanishing point de Primal Scream au filtre du dub. Cet album d’une richesse déjà affirmée verra son côté hallucinatoire renforcé par le traitement du sorcier du delay sur cet Echo dek.

La démonstration Ruby a donc également court 15 ans plus tard. Sorti l’année dernière, No hassle n’avait pas déchainé les passions par ses compositions plutôt passe-partout. Loin très loin des premiers albums très convaincants du duo autrichien. On espérait alors que le remix album (il est systématique chez Tosca pour chaque nouvel opus) remette du baume au coeur des fans déçus. Bien en a pris à Richard Dorfmeister et Rupert Huber puisque ce Pony (no hassle versions) est une réussite totale.

Le tempo global de l’album s’accélère pour éviter de nous endormir comme l’original. Les influences reggae pointent également le bout de leur nez sur la version de Birthday par Grant Phabao. Le remix d’Elitsa par Stevie Kotey et Robin Lee lorgne carrément du côté des clubs, tout comme celui de Joe Si Ha par Pete Herbert et Phil Mison. L’album se paye même le luxe de se terminer par une magnifique version tout en corde de Rosa par le KuK Streichquartett. Convaincante, cette version prend donc l’ascendant sur l’originale, un comble pour Dorfmeister qui avec Kruder a réalisé quelques-uns des plus beaux remixes des 90s.

  • Album disponible le 29 mars


Kyrie Kristmanson – Origin of stars

Publié le 19 mars 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 8 commentaires »

Des claquements de doigts, une voix sans artifice teintée d’un grain de folie, un beat de batterie : voilà comment Song X ouvre Origin of stars, le nouvel album de Kyrie Kristmanson. Dès cette première chanson, on est hypnotisé par la Canadienne dont le chant imprévisible peut exploser à tout moment.

Dépassant les canons classiques du folk, la chanteuse n’hésite pas à puiser aussi bien du côté du jazz (Eruption) que de la classique ballade (Wicked wind) ou du chant traditionnel qu’on pourrait entonner autour d’un feu (Song for a blackwind). Et malgré ces différences de styles notables, l’ensemble reste d’une homogénéité à toute épreuve.

Un tour de force que rend possible la grâce de sa voix singulière, loin des clichés folk neurasthéniques du moment. Vingt ans à peine et sa musique sent déjà la maturité à plein nez. Les arrangements restent toujours sobres et minimalistes en faisant appel à la trompette, au piano ou la simple guitare sèche.

Désormais parisienne, l’étudiante prépare à la Sorbonne une thèse sur les trobairitz des XIIe et XIIIe siècles. Elle se permet même une chanson en Français, un hymne médiéval à Montmartre qui rendrait jalouse Amélie Poulain. Quelques mois après l’incontournable Chamber music de Ballaké Sissoko & Vincent Ségal, le label No Format frappe une nouvelle fois un grand coup. En onze chansons et seulement trente minutes, Kyrie Kristmanson met KO Iva Bittová, enfonce Sophie Hunger (de retour le 12 avril avec 1983) et nous rappelle que la Björk des 90s nous manque.


The Captain And Me : groupe Net Emergence de mars

Publié le 9 mars 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques, Internet | Pas encore de commentaires »

Le vote a été difficile ce mois-ci pour élire l’artiste Net Emergence de mars. On vous avait déjà parlé du concept en février avec l’élection de l’incroyable Dorian Wood. Ce mois-ci on change complètement d’ambiance avec les Norvégiens de The Captain And Me.

Avec les beaux jours qui reviennent, on dirait que le jury de Net Emergence a eu envie de jeter la mélancolie par les fenêtres et de faire entrer un peu de joie dans sa playlist. Avec sa « Maximalistic epic conceptual balkan country », le groupe remplit tout à fait cette mission. Maintenant, c’est à vous de jouer et de faire passer la bonne parole. Le but est de faire connaître The Captain And Me tout autour de vous !

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