La musique creuse le ciel.

The Captain And Me : groupe Net Emergence de mars

Publié le 9 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques, Internet | Pas encore de commentaires »

Le vote a été difficile ce mois-ci pour élire l’artiste Net Emergence de mars. On vous avait déjà parlé du concept en février avec l’élection de l’incroyable Dorian Wood. Ce mois-ci on change complètement d’ambiance avec les Norvégiens de The Captain And Me.

Avec les beaux jours qui reviennent, on dirait que le jury de Net Emergence a eu envie de jeter la mélancolie par les fenêtres et de faire entrer un peu de joie dans sa playlist. Avec sa « Maximalistic epic conceptual balkan country », le groupe remplit tout à fait cette mission. Maintenant, c’est à vous de jouer et de faire passer la bonne parole. Le but est de faire connaître The Captain And Me tout autour de vous !


Agoria – Pantha Du Prince / Rex Club / 06.03.10

Publié le 7 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 3 commentaires »

Agoria sait tenir un dancefloor. Tout le monde le savait déjà, mais hier soir, il l’a prouvé une nouvelle fois, tenant en haleine un Rex Club suspendu à ses potentiomètres. La soirée avait pourtant démarré très tranquillement. Olibusta en warm-up se contentait de dérouler un set efficace, mais tout en retenue. Il ne fallait pas trop faire monter la mayonnaise avant le live act de Pantha Du Prince, auteur cette année de l’album Black noise, exigeant et finalement peu dansant. Pourtant, l’Allemand caché par sa cagoule allait faire mentir tous les pronostics. Après une introduction poussive, Hendrik Weber commence à faire rugir ses machines et à lâcher les beats. La réponse est instantanée, les bras se lèvent, les cris fusent. Le Rex Club sera ainsi conquis pour une bonne heure d’un live pas toujours accessible, mais finalement diablement efficace.

Pantha Du Prince

Puis à 3 h 30 Agoria prend les choses en main. Tout de suite, le Lyonnais mise sur l’efficacité. Il se tiendra à cette ligne de conduite tout le reste de la soirée. Bien plus agressif que sur son récent Balance 016 (la soirée était organisée à l’occasion de sa sortie), Sébastien Devaud déroule un set linéaire et exemplaire. Ça tape, ça break, ça fuse, on en prend pleins les oreilles et les premiers frissons commencent à monter sur Sphérique d’Emmanuel Top. Ils ne nous quitteront plus, entretenus par quelques vieilleries telles que The Age Of Love (1990) ou le remix du Good life d’Inner City, remixé par Carl Craig (1988). Agoria confirme ainsi l’universalité de ses prestations, superbe mélange de nouveautés et de classiques incontournables. On en attendait pas moins du cofondateur du désormais très en vue label InFiné.


La Goutte d’Or 1 – VIP Room 0

Publié le 5 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 5 commentaires »

Il fallait être très souple hier pour tenter ce grand écart parisien. Début de soirée à la Goutte d’Or pour assister au concert de Pilöt, puis direction le VIP Room Theater, rue de Rivoli, où avait lieu la soirée AZ / Barbara Bui avec Izia, VV Brown et P. Diddy, dans le cadre de la fashion week.

Pilöt

Malgré l’attrait de l’open-bar et la promesse d’y voir quelques modèles peu farouches, c’est contre toute attente le Centre musical Barbara de la Goutte d’Or qui a finalement remporté ce match. Encore la faute de Pilöt, l’un des tout meilleurs de cette scène parisienne qui fait plaisir à voir, aux côtés de La Féline, The Rodeo ou Lily Wood And The Prick. Malgré une prestation bien moins sauvage que celle du Point Ephémère le mois dernier (public clairsemé oblige), le groupe reste tout de même très constant dans la qualité de ses compositions et arrangements. Pour les retardataires, le quatuor sera en concert le 28 mai prochain au Nouveau Casino pour fêter la sortie de son album.

Avec une soirée si bien commencée, on imaginait qu’elle ne pouvait alors que bien se terminer au VIP Room Theater, haut lieu de la hype parisienne. Surtout pour une soirée organisée en grandes pompes par AZ, label très grand public d’Universal dirigé par l’inénarrable Valéry Zeitoun. L’arrivée tardive rue de Rivoli nous fait rater la survoltée Izia de peu (ce n’est pas comme si on l’avait vu 54 fois en concert l’année dernière) et nous laisse juste le temps de nous battre contre des happy few nourris à l’open-bar pour avoir le privilège de boire une coupette. Introduite par Ariel Wizman en flagrant délit de ménage VIP, VV Brown entre en scène, coiffée de plumes de chef indien nous rappelant l’excentricité d’une Ebony Bones quelque peu édulcorée. Il faut pourtant se rendre à l’évidence du talent de ses trois musiciens (guitare, basse, batterie) absolument irréprochables et dépositaires d’un groove qui colle parfaitement à la musique de la miss.

Ariel Wizman

Le gros problème du concert n’était finalement pas dans le son déplorable proposé par le VIP Room (le sound system du Centre musical Barbara, salle municipale, était bien meilleur), mais finalement dans cet horrible esprit VIP du lieu. Il y a d’abord ceux qui restent dehors, puis ceux qui entrent. Deuxième filtre : il y a ceux qui, comme Ophélie Winter, disposent d’un bracelet pour accéder à la mezzanine et ceux qui restent au rez-de-chaussée. Mais ce rez-de-chaussée là, c’est un peu le Bronx du VIP. Que du jeunot de bonne famille mal élevé dont le but premier et de faire des aller-retour entre la salle et le bar, ne se gênant pas pour bousculer tout le monde sur son passage ou renverser, sans y prêter aucune attention, les coupes vides posées sur une table. On y entendra même un « c’est nul ici, je me casse, je vais au Baron », de quoi vous donner une idée de l’ambiance pour ceux qui connaissent le club de l’avenue Marceau. On ne pourra que suivre ce conseil, finalement l’un des plus avisés de la soirée et laisser P. Diddy faire son show devant une population qui ne donnait simplement pas l’impression de mériter autant d’attention.

Prochain défi pour Valéry Zeitoun : organiser sa future soirée AZ à la Goutte d’Or.


Liars / Sisterworld

Publié le 2 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques | 3 commentaires »

Sisterworld débute sur une voix  douce accompagnée d’un choeur angélique avant une déflagration, une minute et quarante secondes plus tard. Ce premier titre Scissor résume finalement bien ce nouvel album de Liars : une alternance de mélodies subtiles et de rage expulsée. Sur une rythmique lourde, cordes et glockenspiel habillent No barrier fun, tandis que Here comes all the people commence sur une guitare claire, qui n’est pas sans rappeler les sons utilisés par Cure à ses tout débuts. La suite de la chanson est une superposition d’harmonies vocales et de notes légèrement dissonantes créant cette ambiance toute particulière. Drip évolue dans une atmosphère sourde et cotonneuse, les claustrophobes en seront pour leurs frais. L’esprit post-punk des débuts reprend ses droits sur Scarecrows on a killer slant. Une basse électronique accompagne une rythmique martiale et des guitares saturées.

Puis l’ambiance se calme sur I still can see an outside world où les harmonies vocales rappellent des Beatles encore plus sous acide qu’à l’époque. Mais là encore, le temps se gâte et la retenue ne manque pas d’exploser comme pour rappeler la structure de Scissor. Avec ses cinq minutes au compteur, Proud evolution pourrait presque passer pour un morceau de rock progressif au milieu de ces titres courts, au lieu de ça, l’hypnotisme du morceau ferait plutôt penser à la parfaite résurrection de Can. Drop dead continue ensuite d’explorer cette atmosphère bancale chère au groupe, puis The overachievers renoue avec un punk que les Ramones n’auraient pas renié. Goodnight everything se fait quant à elle plus douce et remplie de riffs lancinants et même conclue par des cuivres. Too much, too much fait mentir son titre en concluant cet album qui parait court malgré ses quarante-deux minutes. Là encore, le chant est mis en avant, Liars en oublie même la rythmique, le faisant évoluer sur une nappe de guitare entêtante.

Superbe effort que ce Sisterworld pour les New Yorkais de Liars. Ne capitalisant pas sur leurs albums passés, le groupe arrive à se réinventer et avancer en explorant de nouvelles pistes. L’un des plus beaux albums de rock de cet hiver finissant.


Gorillaz / Plastic beach

Publié le 26 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques | 25 commentaires »

Gorillaz a changé, c’est ce dont on a pu se rendre compte hier soir lors de l’écoute du nouvel album, Plastic beach, organisée par EMI avant sa sortie le 8 mars prochain. Une écoute c’est insuffisant pour se faire une idée définitive, mais c’est assez pour donner ses premières impressions. Quand on pose le casque, une fois que tout l’album a défilé, un sentiment mitigé se dégage. Oui ce nouvel album détonne dans la discographie du groupe, un pas a été franchi en terme de variété de production. Non, les featurings à foison sur ce disque, prometteurs, ne sont pas tous bons.

Après une Orchestral intro, voilà Snoop Dogg qui débarque dans l’univers du groupe en cartoon. Le beat de Welcome to the world of the plastic beach est lourd, les riffs funky fusent, on se balade dans une Californie enfumée et on s’en prend plein la gueule dès l’ouverture. Kano et Bashy prennent le relais sur White flag. Bien plus agressif ce titre marie hip-hop et sonorités orchestrales orientales. Damon Albarn montre enfin le bout de son nez sur Rhinestone eyes. Quelque peu désabusé, il use ici du talk over sur un rythme downtempo, habillé de quelques riffs de funk synthétique. Stylo, premier extrait déjà entendu sur le Net donne finalement le ton de cet album. Ce retour aux sources electro funk du hip-hop est ce qui fait la marque de fabrique de l’album. Sur ce titre Mos Def (en retrait) et l’immense Bobby Womack s’en donnent à coeur joie. Gruff Rhys de Super Furry Animal donne ensuite le change à De La Soul sur Superfast jellyfish. Couplet hip-hop, refrain pop-rock, on comprend vite qui fait quoi.

Troisième sommet de l’album après Welcome to the world of the plastic beach et Stylo, Empire ants avec les méconnus Little Dragon déroule son ambiance éthérée sur des rythmes qui se colorent une nouvelle fois d’electro funk. Le tout est intense et la chanteuse du groupe emblématique. Glitter freeze s’annonce ensuite comme l’un des importants featurings de l’album puisque Mark E Smith de The Fall y participe. On est vite dérouté, puis emporté. La rythmique est martiale, parfois bancale, les synthés sont agressifs et le chanteur n’y fait que déclamer quelques phrases. La conclusion de la chanson est plus légère et lumineuse. On respire enfin. Une rupture est marquée dans l’évolution du disque.

Nouveau sommet du côté des invités de marque, Some kind of nature avec Lou Reed déçoit. Avec ce titre on repart sur une veine plus pop et Damon Albarn accompagne le New Yorkais dans son délire. Le chanteur de Blur s’offre ensuite son quart d’heure américain, seul sur On melancholy hill (dansant et enjoué) puis Broken aux forts relents de son ancien groupe, Death of a party rode dans les parages. Quatrième sommet de l’album, Sweepstakes donne au flow de Mos Def un extraordinaire écrin. La production très électronique et sombre de cet ambitieux titre propose une progression et une superposition de trames sonores. Des beats de batterie acoustique s’ajoutent au long du morceau, on en ressort étourdi.

Immense déception, les retrouvailles des Clash survivants Mick Jones et Paul Simonon sur Plastic beach sont d’une nullité sans pareille. À trop attendre, on est forcément déçu, Gorillaz ne déroge pas à la règle. To binge marque le retour de Little Dragon, pour une ritournelle en duo avec Damon. Dernier sommet, Cloud of unknowing met en avant toute la classe de Bobby Womack seul aux manettes dans cet exercice soul orchestral. Puis l’album se referme avec un seizième titre offert à Damon, Pirate jet, qui ne propose rien d’inoubliable. Les fans du groupe vont être surpris, le son Gorillaz n’est plus le même. Une nouvelle étape vient d’être franchie, plus adulte, plus mature, plus travaillée. Il ne reste plus qu’à écouter ce disque de nouvelles fois pour se faire un avis définitif.


Agoria / Balance 016

Publié le 24 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques | 2 commentaires »

L’art du DJ mix est délicat. Celui enregistré sur disque encore plus. Une prestation éphémère devant un public a ceci d’excitant qu’elle se cale sur le désir de la foule, sur son envie de danser et sa réceptivité à la musique proposée. Certains de ces sets enregistrés en club dans des conditions idéales ont durablement marqué l’histoire des albums mixés. L’un des plus beaux exemples de ce type est la série Mix-up éditée par Sony Japon dans les années 90. Takkyu Ishino, Ken Ishi, Fumiya Tanaka, mais surtout Derrick May et Jeff Mils avaient dynamité le genre avec leurs sets explosifs. Enregistrés en live, on y entendait notamment les cris du dancefloor à chaque break tonitruant. Le genre de disque qui donne des frissons, même après des années d’écoutes intensives.

L’exercice auquel s’attaque Agoria avec ce Balance 016 est tout autre. Il relève de la réflexion plutôt que de l’instinctivité. Ici, rien n’est dû à l’improvisation, on se trouve plutôt devant une compilation mixée. Les titres sont choisis et calés au millimètre. C’est le mental qui prime sur le physique. Le genre avait trouvé l’un de ses maitres en la personne de Richtie Hawtin. Le Canadien avait notamment produit l’un des summums du genre en 1999, Decks, EFX & 909 et dans une moindre mesure, sa suite en 2001, DE9 | Closer to the edit. En écoutant ces disques, on comprend mieux pourquoi il a participé de près à l’élaboration du logiciel Final Scratch. Bien plus récemment Joris Voorn avait franchi une nouvelle étape dans ce sens l’année dernière avec le Balance 014, un incroyable mix chirurgical en deux CDs puisant dans plus de cent titres. Un hymne à l’amour d’Ableton Live.

Le Français Agoria est pour sa part bien plus sage. Ce Balance 016, double CD également, ne s’attaque qu’à une cinquantaine de titres. Bien heureusement, beaucoup de styles y passent, toujours enchainés avec la classe et goût auxquels nous a habitués l’un des fondateurs du label InFiné. LCD Soundsystem, Jonny Greenwood, Tosca, Avril, Aphrodite’s Child, Sylvain Chauveau, Emiliana Torrini ou Aufgang ont ainsi été choisis par le DJ. Autant dire que le voyage proposé (le premier disque est sous-titré Aller retour) ne se limite pas à la seule techno à laquelle certains auraient pu s’attendre. Agoria ne réduit toutefois pas sa participation à la série Balance à un simple enchainement. L’ordre et le mix est d’une cohérence extrême et se nourrit de superbes montées telles celle proposée par l’assemblage d’Altre voci d’Agoria et de Train in Austria part 2 de Glimpse. Sans aucun doute l’un des plus beaux numéros d’équilibriste de ce début d’année.


La Féline / La Gare aux Gorilles / 19.02.10

Publié le 20 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 9 commentaires »

Un escalier de fer, un couloir étroit et obscur, au fond de ce couloir une porte entrouverte d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ce lieu parait irréelle. Nous ne sommes pas dans l’Empire du côté obscur d’IAM, mais à la Gare aux Gorilles. Ce (rare) squat parisien est installé dans l’ancienne gare du Pont de Flandre de la Petite Ceinture. Pendant underground de la Flèche d’Or, sise dans la gare de Charonne, la Gare aux Gorilles n’est toutefois pas un repère de punks à chiens comme pouvait l’être la Miroiterie. Ici l’ambiance est plutôt celle de bobos parisiens venus s’encanailler dans un lieu où ils se sentent enfin rebelles.

C’est donc dans ce lieu improbable, précaire et insalubre que jouait la Féline hier soir. Trio parisien très apprécié depuis un peu plus d’un an, le groupe emmené par Agnès Gayraud a déjà sorti deux superbes EPs (dont l’un de remixes très inspirés) mettant en avant leur pop-folk bien pensée et arrangée. Ce concert était aussi l’occasion d’entre une flopée de nouveaux titres inédits sur disque. Si beaucoup restent dans la même veine, le groove de l’un d’entre eux donne quand même envie de remuer son popotin. Difficile toutefois dans ses conditions de livrer un concert inoubliable, mais la musique de la Féline au milieu de tapisserie vintage taguée baignant dans les odeurs de cigarettes et de feu de bois a son petit charme.


Success / La Flèche d’Or / 18.02.10

Publié le 19 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 7 commentaires »

La Flèche d’Or aurait pu rester de marbre hier soir. Le public était épars pour cette soirée de lancement du nouveau magazine sur le Grand Paris, l’excellent Megalopolis (avec une interview d’Erwan de Java inside). C’était sans compter la performance hallucinante de Mister Eleganz, chanteur du groupe rennais Success.

Découvert il y a quelques mois grâce à leur concitoyenne Disso de Derrière La Fenêtre via La Blogothèque, le groupe était amusant à écouter sur MySpace, mais sans toutefois interpeler outre mesure. Ils avaient tout simplement oublié de prévenir que leur vrai lieu d’expression était la scène. Leur mélange absolument pas original de rock et d’electro trouve tout son sens une fois que le charismatique chanteur Mister Eleganz entre en scène.

Ce type est un vrai personnage de live comme on n’en fait plus. Costard et attitude maniérée, il contraste fortement avec la musique du groupe, très rentre dedans, inspiré autant par un electroclash décadent à la Fischerspooner que par l’electro-rock basique tel qu’on peut en entendre au kilomètre en ce moment. Même si les trois musiciens y mettent toute leur énergie, leur prestation reste statique. Toujours le même problème avec la musique électronique live.

Mais Success, comme Depeche Mode avec Dave Gahan, a trouvé la solution : un frontman hors du commun, capable de happer le public pourtant clairsemé hier soir. Mister Eleganz, toujours avec classe, n’hésite pas à descendre dans la fosse, grimper aux structures de la scène et finir par saluer le public en fin de concert en lui jetant ses poils de torse et de cul en guise d’offrande. La grande classe on vous dit.


:Pilöt / Point Ephémère / 12.02.10

Publié le 13 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 9 commentaires »

La chanteuse ? Une anti Beth Ditto. Une Kate Moss qui aurait enfin du talent. Une adepte du déhanché bien placé qui tape dans l’oeil de n’importe quel mec. Une voix de caméléon qui passe par tous les registres : expirée, intense, mutine, pointue. Le groupe ? Trois musiciens brillants et inspirés. Exaltés par tout ce que le rock a sorti de bon ces dernières décennies : folk, country, punk, noise. Avec ce soupçon d’électronique qui s’intègre à l’ensemble comme on saupoudrerait une chanson de PJ Harvey de quelques sons de Death In Vegas.

Hier soir au Point Ephémère, pour fêter les cinq ans de Radio Campus Paris, il y avait le rock sympathique de General Bye Bye et le rap malicieux et parfois hilarant (mention spéciale à « T’as pas d’papa ») du Klub des 7. Pourtant, tout cela paraissait bien fade à côté de ce quatuor touche-à-tout. Avec talent, il ose le mélange des genres sans aucune vulgarité. Les rythmes ternaires d’une valse s’entrechoquent avec un son de guitare métallique qui fait ressurgir Ry Cooder. L’orgue accompagne les machines qui apportent une intensité sans nom à la matière sonore produite. La chanteuse jongle entre deux micros et joue avec l’effet de delay. Quelques cris rappellent l’Iggy Pop et le Bobby Gillespie des grandes heures.

L’ensemble est cohérent, pensé, mais aussi instinctif et viscéral. Le tout est une claque et s’appelle :Pilöt.


Les ondes Martenot de Marcel Landowski

Publié le 11 février 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 1 commentaire »

Ne jamais se fier aux apparences. C’est la leçon à retenir de l’incroyable Concerto pour ondes Martenot et orchestre à cordes de Marcel Landowski interprété hier soir par Pascale Rousse-Lacordaire et l’Orchestre du CRR de Boulogne-Billancourt.

Lorsqu’elle entre en scène, qui aurait pu prévoir que cette dame élégante et d’un âge respectable se transformerait quelques minutes plus tard en véritable génie du son électronique. Derrière ses ondes Martenot, la musicienne a interprété cette oeuvre classique de 1954 avec maestria.

Cet instrument de musique électronique présenté pour la première fois en 1928 est un ancêtre des synthétiseurs. Avec un son proche de la scie musicale, produit par un ruban parallèle au clavier, les ondes Martenot savent aussi façonner des fréquences analogiques assez incroyables via son clavier.

Le résultat est des plus surprenants. L’ondiste et la bonne vingtaine de musiciens, tous dirigés par le chef Alain Louvier, ont livré une prestation mélangeant musique classique moderne et tonale avec des sons électroniques sortis d’une autre dimension. Un peu comme si un orchestre jouait avec une grosse GameBoy.