La musique, c'est du bruit qui pense.

Festival GéNéRiQ : a night in Dijon

Publié le 19 décembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Festivals | 1 commentaire »

Les Transmusicales ne sont plus l’événement qui clôt la saison française des festivals. C’est plus à l’est qu’il faut désormais se rendre pour finir l’année en beauté, au festival GéNéRiQ qui se partage entre plusieurs villes de la région.

Florent Marchet

C’est à Dijon que nous avons été conviés pour découvrir cette quatrième édition de ce festival d’hiver organisé par les programmateurs des Eurockéennes. Organisé en partenariat avec TGV, c’est donc tout naturellement dans la voiture-bar de l’un d’entre eux que s’ouvrent les festivités. Florent Marchet nous y chante Noël au cours un showcase d’une petite demi-heure. Juste le temps de nous mettre en jambe et de faire ensuite un petit somme avant d’enchainer avec un concert-surprise.

Cali

Dans la vieille ville de Dijon, nous voilà donc une petite cinquantaine de privilégiés dans un très bel appartement d’un hôtel particulier. Là, c’est Cali qui entre dans la pièce pour interpréter très quelques chansons en toute simplicité : piano, guitare sèche ou trompette l’accompagneront tour à tour. Et bizarrement, on se surprend à aimer sa musique que l’on trouve le plus souvent insupportable. On parvient presque à lui excuser son affreuse reprise d’Enjoy The Silence de Depeche Mode et on se laisse porter par la sincérité du bonhomme qui finira son set sur une très belle version dépouillée de Nous serons tous les deux.

The Bewitched Hands

Le marathon continue ensuite dans la salle de la Vapeur en périphérie de la ville. Le cadre a beaucoup moins de cachet, mais on y est tout aussi accueillant. Deux scènes, des boissons pas chères, un bon son : tout est réuni pour assister à un bon concert de The Bewitched Hands (oui, encore eux). Simplement dommage que les Dijonnais ne soient pas venus plus nombreux. Pour ce troisième concert des Rémois en un mois (ça devient de l’obsession), on est toujours aussi conquis par l’hédonisme de leur musique.

La soirée se terminera ensuite par des sets bien plus moyens de Monarchy et Teenage Bad Girl. On y aura finalement rencontré des gens adorables, découvert une petite ville qui se bouge plus que d’autres bien plus importantes et surtout appris l’origine du kir expliquée par un homme de goût. Rien que pour ça, on reviendra l’année prochaine.


Attention Talents Live à la Flèche d’Or

Publié le 18 décembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Concerts | 2 commentaires »

La Fnac faisait son show mardi dernier à la Flèche d’Or. Son opération Attention Talents Live mettait en avant certains des groupes les plus hypes du moment sur la scène parisienne. Parfois un peu trop.

On est tout d’abord surpris par le manque d’originalité de Sly Johnson. C’est joli, ça groove, la voix est belle, mais l’ensemble reste désespérément plat. Rien à faire, on s’ennuie ferme. On se demande ensuite ce que Cocoon fait ici. Le groupe qui a reçu un disque d’or la veille après leur concert au Casino de Paris, n’a en effet rien à prouver. Heureusement qu’une voix off nous explique qu’ils jouent en quelque sorte ce soir le rôle de parrains. Toutes les remarques concernant Sly Johnson reste pourtant valables (hormis le groove) pour les Auvergnats qui nous réveilleront finalement par une étonnante reprise de l’immense Empire State of Mind de Jay-Z.

The Bewitched Hands

On espère ensuite se réveiller un peu avec Jamaica. Leur style est rythmé, punchy, tout est ultra carré. Dans la petite salle de la Flèche d’Or, le résultat est bien meilleur que sur la scène du Zénith lors du dernier Festival des Inrocks, mais on regrette le plus chez Jamaica, c’est de ne pas assez insister sur leur côté power trio. Les bandes enregistrées de clavier sur lesquelles ils jouent ont tendance à diluer leur énergie qui pourrait rattraper des compositions finalement peu originales. Il faut dire que le public composé presque essentiellement de professionnels de la musique est à l’enthousiasme ce que Jean-Jacques Goldman est à l’inventivité musicale.

Il faudra finalement attendre le dernier concert de la soirée pour enfin prendre un vrai plaisir à écouter The Bewitched Hands. Les Rémois distillent une pop toujours aussi lumineuse sur scène. Les compositions à tiroir sont astucieuses, bien construites et soutenues par des choeurs toujours aussi bien travaillés. On sent que tout le monde s’éclate sur scène. Ouf, on a failli s’ennuyer.

Photo : © Ben Calens


La nuit du rat

Publié le 14 décembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Fictions | 3 commentaires »

D’habitude elle aimait ça. Depuis deux heures, elle marchait. Quand il faisait beau avec des chaussures confortables, elle trouvait ça agréable. C’est même l’une de choses qu’elle préférait faire, elle qui avait l’habitude de rester debout à piétiner une bonne partie de son temps. Mais là, il faisait nuit, froid, humide et elle portait des talons.

Cela faisait un mois ou deux déjà qu’elle se posait des questions, elle hésitait, elle tergiversait. Sa situation elle ne l’avait pas vraiment choisie, mais y avait pourtant foncé tête baissée. Dès son adolescence elle savait que ça tournerait mal. Mère dépressive et quittée par un père au mieux absent, au pire violent. Sans repère elle avait connu les garçons bien trop tôt. Tellement facile de les séduire quand on est aussi mignonne. Ce pouvoir, elle avait vite compris qu’il serait son principal atout. Elle en avait d’ailleurs bien besoin. Complètement désintéressée par les cours, elle n’avait même pas eu son bac.

De toute manière, que faire d’un bout de papier signifiant désormais qu’on avait seulement le droit d’entrer en fac pour se retrouver au chômage cinq ans plus tard ? Elle avait choisi une tout autre voie : celle de la décadence. De sa petite ville de province elle n’avait connue que sa boite de nuit pendant un an. Elle y allait presque tous les soirs, jusqu’à épuisement. L’avantage lorsque l’on est une fille comme elle, c’est que ce genre d’endroit ne coute rien. On sous-estime souvent l’atout économique d’être une fille. La boite était assurée de voir dix mecs payer une entrée rien que pour avoir ne serait-ce que l’espoir de lui adresser un mot. On lui payait des verres à gogo, elle était ivre facilement et finissait chez des garçons de la même manière.

Tellement facile dans le lot d’en trouver un qui en sorte un peu. Il n’avait rien d’exceptionnel, mais il était différent. Il habitait surtout Paris et n’était ici que de passage. En quelque sorte l’échappatoire rêvée. Après une brouille avec sa mère, elle pensait qu’elle ne lui adresserait plus jamais un mot. Loin de la seule famille qui lui restait, là voilà désormais dans la Ville Lumière. Où l’illusion que tout est possible est à sa portée. L’illusion seulement.

Ce qu’elle n’avait pas prévu c’est la manière dont ça se passerait avec son mec. Trop jeune, trop riche. Trop jeune pour être aussi riche.

Elle avait vite compris que tout ça était louche. Il disait qu’il était dans les affaires, essentiellement des bars, mais loin d’être tous très honnêtes. Elle avait aussi très vite compris que les filles qui y bossaient n’étaient pas vraiment des serveuses. Elle avait pourtant rapidement accepté d’y travailler aussi. Même si son mec était blindé, elle savait que ça ne durerait pas entre eux. L’argent facile a toujours du charme. Et puis cent euros pour sucer des queues, c’était finalement pas très éloigné de ce qu’elle avait fait dans la boite de son patelin.

Pendant quelques mois tout se passait bien. Les clients n’étaient finalement pas ces gros dégueulasses qu’elle avait imaginés au début. Son mec, ou plutôt son patron, l’avait placée dans un bar chic, un de ceux fréquentés par des hommes bien éduqués et propres sur eux. Jamais un mot plus haut que l’autre, ils semblaient nourris de bonnes manières. Ce n’était pas pour ça qu’ils n’étaient pas de sales pervers lubriques, mais ils le cachaient bien au premier abord.

Dans ce cocon sordide, elle se sentait finalement en sécurité et avait fini par baisser la garde. Ce taré elle ne l’avait pas vu venir. Un vrai porc qui voulait sans cesse aller plus loin. Trop loin. Il revenait souvent la voir, elle ne voulait plus le recevoir, mais lui ne voulait voir qu’elle. Elle n’avait plus vraiment choix. Honteuse de la situation, elle n’osait même pas demander leur avis aux autres filles. Elle était la favorite du patron, ça n’aidait pas à se faire accepter.

Puis un jour tout avait dérapé. Cette fois-ci elle n’avait pas voulu céder à son caprice de vieux vicieux. Il avait commencé à la gifler, comme son père le faisait si bien quand elle était gamine. Elle n’avait pas vraiment réfléchi en agrippant l’extincteur à côté duquel son client l’avait fait valdinguer, avec le recul elle considérerait ça comme un réflexe de survie. Comme pour venger la Marilou de Gainsbourg, elle lui défonça le crâne avec le lourd réservoir rouge. Il n’avait même pas crié, personne ne s’en était rendu compte, mais elle savait que dès qu’on s’en apercevrait, ça en serait fini pour elle.

Elle sortit discrètement de la pièce, la ferma à clé, emprunta la sortie de service. Elle se mit à fuir, se disant qu’elle ferait peut-être mieux de rentrer chez sa mère. Deux heures qu’elle marchait. D’habitude elle aimait ça.

La nuit du rat, extrait de Wolf & Wheel de La Féline.


Top des Blogueurs 2010

Publié le 13 décembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 3 commentaires »

Le Top Blogueurs 2010 : La sélection des meilleurs albums de l’année

15 en 2008, 37 en 2009, nous sommes cette année 60 blogueurs musiques francophones à vous présenter au travers d’un classement commun les 20 albums qui nous auront collectivement le plus marqué en 2010. En espérant en toute humilité vous permettre de redécouvrir certains disques ou mieux d’en découvrir de nouveaux…

The Radio Dept - Clinging To A SchemeThe Radio Dept – Clinging To A Scheme

Branche Ton Sonotone : Les suédois de The Radio Dept. creusent le sillon d’une pop douce et fantomatique avec un acharnement de surdoués. Leur dernier opus a la couleur d’un coucher de soleil sur un lac scandinave : mélodies diaphanes, tourbillons distordus et rythmiques hypnotiques sont au rendez-vous d’un album qui a un goût d’insaisissable. Un charme nordique, à la fois enjoué et nostalgique, distant et incroyablement émouvant. A lire la critique du Golb et de Branche Ton Sonotone

En écoute sur Spotify

Syd Matters	- BrotheroceanSyd Matters - Brotherocean

La musique à Papa : Mon histoire avec Syd Matters ? Cela me rappelle ces filles que l’on rencontre comme ça au hasard d’une soirée et auxquelles on n’attache d’abord pas vraiment d’importance. Pas qu’elles soient moches, loin de là, mais on les trouve un peu …chiantes, manquant de fantaisie. Et puis, un jour, c’est la révélation. On ne comprend pas vraiment pourquoi : est-ce nous qui avons changé ou est-ce elles ? En tout cas, "Brotherocean" a résonné comme une évidence. Comme s’il n’y avait rien eu avant. Et tant pis, s’il n’y a rien après… "A moment in time ", comme disent les anglais. A lire la critique de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes et de So Why One More Music Blog

En écoute sur Deezer

Deerhunter - Halcyon DigestDeerhunter – Halcyon Digest

Esprits Critiques : Réussir un mélange est une chose compliquée. Si vous mélangez des couleurs dans un verre, il y a des chances que vous obteniez un cocktail maronnasse peu appétissant. La musique de Deerhunter, ça pourrait être ça. En mêlant de la noirceur, du son brut, du kraut, des mélodies presque pop et un son aquatique, le risque de gloubiboulga est présent. Pourtant, la bande à Bradfortd Cox a (encore) livré une œuvre subtile et unique, et arrive (encore) à polir un genre qu’il faudrait créer pour eux. Ils savent en tout cas faire monter une ambiance en neige, profiter de ce son vaporeux pour que le brouillard précipite en averse et mener vers une fusion encore plus fluide entre l’écriture et le son. A lire les critiques de Tasca Potosina et de Ears Of Panda

En écoute sur Spotify

Pantha du Prince - Black NoisePantha du Prince – Black Noise

Playlist Society : "Black Noise" est un lac perdu dans les montagnes : derrière son romantisme pictural et ses sonorités enivrantes et apaisantes se cachent les traits des tornades à venir et des rayons du soleil qui comme chez Turner caressent les tragédies. Les mélodies électroniques de Hendrik Weber nous guident alors dans la taïga, se dérobent et nous abandonnent face à l’aurore boréale. A lire la critique de Pop Revue Express et le live report de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Joanna Newsom - Have One On MeJoanna Newsom – Have One On Me

Brainfeeders & Mindfuckers : Joanna Newsom ne s’impose jamais nulle part. Elle se fraie un chemin délicatement, avec grâce, avec le temps de son côté. Elle effleure du son de sa harpe, comme une caresse derrière l’oreille, sa voix est devenue satin, mais au fond, rien n’a changé. Elle reste impossible à apprivoiser, toujours insaisissable. Elle s’échappe par tous les détours, dans cette forêt qu’elle dessine en trois disques et quelques chansons. Il suffit donc d’être patient, de la laisser s’approcher peu à peu, puis de se plonger entièrement dans la mystique lumineuse de "Have One On Me". Alors Joanna Newsom devient cette amie imaginaire qui ne peut sortir que d’un rêve. Mais tout est bien réel. A lire les critiques de Playlist Society et de Listen See Feel

Mount Kimbie - Crooks & LoversMount Kimbie – Crooks & Lovers

Chroniques Automatiques : "Crooks & Lovers", trop court, bancal mais pourtant tellement maitrisé, contient des morceaux frisant la perfection, qui dragueront tous les cœurs sensibles. Mélancolie electronica matinée de rythmes 2-step, Mount Kimbie, c’est surtout mini-jupes et
arcs-en-ciel, bitume et claquements de doigts. Bonheur. A lire les articles de Brainfeeders & Mindfuckers et de Musik Please

Cougar - PatriotMGMT – Congratulations

Laisseriez-Vous Votre Fille Coucher avec un Rock-Addict ? : MGMT avait réussi à prouver sa capacité à coller quelques tubes imparables au milieu d’un album fadasse. Le "toujours difficile deuxième album" en est l’antithèse : pas de morceau direct (hormis l’imparable Brian Eno) mais un album fabuleux de complexité, de richesse, une pièce montée de folie(s) et de "plus" qui jamais ne touchent au "trop". Si c’est ça l’avenir du space-rock (ou du prog), on signe des deux mains, et on attend la synthèse en sifflotant "Flash Delirium". A lire les critiques de Des Oreilles dans Babylones et du Golb

En écoute sur Spotify

Zola Jesus - StridulumZola Jesus – Stridulum

Unsung : Pour la première fois, Zola Jesus s’est enregistrée en studio, entourée de musiciens professionnels. Cette production soignée met surtout en valeur sa voix profonde, ce timbre légèrement rauque à donner des frissons, renforcé par la réverbération, l’atmosphère angoissante entre rythmiques 80′s, piano entêtant, et des textes emprunts de doutes, d’espoirs fragiles, et de complaintes mélancoliques. Cet émouvant "Stridulum" révèle une jeune artiste talentueuse. A lire les articles de Little Reviews et Toujours Un Coup d’Avance !

Gil Scott Heron - I'm New HereGil Scott Heron – I’m New Here

Arbobo : Une histoire d’ange déchu, une histoire vraie. Une histoire de phoenix, de père putatif du rap extrait de tôle par un producteur aux doigts d’or. Il a serré la main du diable, le bougre. Gil Scott-Heron vient peut-être de publier son plus bel album, le plus noir, creusé à mains nues dans le bitume crasseux de New York. Ca saigne, ça saigne mais c’est vivant. C’est palpitant. A lire les critiques de My(Good)Zik et du Choix de Mlle Eddie

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LCD Soundsystem - This is HappeningLCD Soundsystem – This is Happening

I Left Without My Hat : James Murphy a beau s’en amuser et assurer le contraire ("You wanted a hit, but that’s not what we do"), ses Lcd Soundsystem, tout en popisant leur propos, n’auront pas franchement changé leur fusil d’épaules avec "This is Happening", troisième et ultime album du groupe. Continuant de rendre hommage à la musique contemporaine par divers emprunts voulus ou fortuits (du Velvet Underground par ci, du Bowie par là), "This is Happening" est un disque aux contours rock, aux beats toujours synthétiques, mais à la vision globale très pop. Surtout, il n’est rien de moins qu’une belle épitaphe pour une des aventures discographiques les plus passionnantes et emballantes de ces dix dernières années, au fronton de laquelle le mot plaisir semble avoir été gravé en lettres d’or. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et La Musique à Papa

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Sufjan Stevens - The Age of Adz Sufjan Stevens – The Age of Adz

Ears of Panda : 5 ans après Illinois, Sufjan Stevens nous revient, non sans quelques doutes, avec son projet le plus personnel et sûrement le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans abandonner pour autant son goût pour la pop baroque, le compositeur de 35 ans accouche d’un disque pour le moins étonnant. Le génie détruit pour mieux reconstruire et nous offre cet album d’un genre nouveau; à l’ambition démesurée, aux sons hachés, rugueux, épileptiques même, sans perdre jamais de sa superbe. On retrouve alors, dans l’essence même de ce disque, ce doux rêveur toujours en perpétuel mouvement, qui nous avait laissés sans nouvelles depuis bien trop longtemps. A lire les critiques de Esprits Critiques et Brainfeeders & Mindfuckers

Flying Lotus - CosmogrammaFlying Lotus – Cosmogramma

So Why One More Music Blog : Le prodige originaire de la Cité des Anges s’affranchit sur ce troisième album des formats classiques en terme de durée et des carcans trop étroits d’un genre que l’on définissait comme l’abstract hip-hop. Entouré de musiciens talentueux et confirmés, élégant dans son costume de chef d’orchestre qui lui sied à merveille, il dirige des micro-symphonies aussi organiques qu’électroniques, laissant parler son héritage et s’exprimer sa fibre jazz. A lire les critiques de De La Lune On Entend Tout et de Nuage Noir

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Caribou - SwimCaribou – Swim

Pomme de Pin : Hypnotique et viscéral, réfléchi et instinctif, cérébral et dansant, sur "Swim", Caribou mêle boucles électroniques et rythmiques tribales et en profite pour réconcilier la tête et les jambes. L’expression Intelligent Dance Music reprend des couleurs et en une tournée tellurique, toutes batteries dehors, Dan Snaith fait mentir tous les clichés sur les mathématiciens. A lire les critiques de Five Minutes et So Why One More Music Blog

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Owen Pallett - HeartlandOwen Pallett – Heartland

C’est entendu : Débarrassé de son pseudo geek à souhait (Final Fantasy), Owen Pallett brandit l’étendard de son patronyme civil comme le symbole d’une ambition enfin assouvie. Auto-proclamé Seigneur Divin du Royaume de "Heartland", il décore cet univers d’arrangements subtilement magnifiques et réalise un chef d’oeuvre pop dont la "lecture" révèle une mise en abyme homo-érotico-créatrice digne de tous nos louanges. A lire les critiques de Feu à Volonté et de Ears Of Panda

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Janelle Monae - The ArchAndroidJanelle Monae – The ArchAndroid

Le Gueusif Online : Une torpille de soul-funk qui n’oublie pas d’être outracière, voire parfois un peu kitsch, mais qui détonne certainement dans le paysage musical monochrome de cette année 2010. Une voix, une présence et un talent à suivre, que ce soit en studio ou en live, où toute la classe de Janelle Monàe resplendit. A lire les critiques de With Music In My Minds et Music Lodge

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The Black Keys - BrothersThe Black Keys – Brothers

Le Choix de Mlle Eddie : Ô Dan Auerbach que ta voix est belle ! "C’est pour mieux te régaler", pourrait-il me répondre. Le duo d’Akron s’autorise tout sur cet album : rock, blues, pop et même soul, avec une production qui n’a jamais été aussi bonne. Un poil trop lisse, diront certains, par rapport à ses prédécesseurs. C’est vrai, mais ce qu’ils perdent en abrasivité ils le gagnent en diversité. Et Auerbach n’a jamais aussi bien chanté. Ce Brothers, c’est la grande classe. A lire les critiques de La Quenelle Culturelle et du Gueusif Online

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Beach House - Teen Dream.Beach House – Teen Dream

Hop : Beach House tutoie enfin les sommets avec ce troisième album. Plus faciles d’accès, plus immédiates que par le passé, les chansons de Beach House brillent ici par l’éclat des mélodies, par la beauté triste et bouleversante des arrangements assez somptueux que l’on trouve tout au long de ces dix hymnes à la mélancolie qui évoquent la froideur d’une piste de danse au petit matin. A lire les critiques de Between The Line Of Age et du Choix de Mlle Eddie

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Four Tet - There is Love in YouFour Tet – There is Love in You

Good Karma : Obsédant : c’est le moins que l’on puisse dire de ce cinquième album de Kieran Hedben. Très loin de son groupe de post-rock Fridge, l’Anglais a choisi la musique électronique pour s’exprimer en solo. En résulte un disque inspiré par le jazz, la house et l’electronica. Il y livre des compositions aussi bien dansantes qu’introspectives, à l’inspiration et la production impeccables. Lumineux. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et de I Left Without My Hat

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Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The SkySwans – My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky

Where Is My Song : A l’heure des come backs périmés et après 13 ans de silence, les Swans réactivés offrent un album magistral, oppressant, monolithique, volontiers misanthrope, beau comme un mensonge et sale comme la vérité. Une rigoureuse apocalypse. Bande son idéale pour la fin du monde civilisé, que l’on peut désormais attendre avec sérénité. A lire les critiques de Playlist Society et du Golb

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Gonjasufi - A Sufi and a KillerGonjasufi – A Sufi and a Killer

Des Oreilles Dans Babylone : Sans aucun doute possible l’ovni musical de 2010, Sumach Ecks a surpris tout le monde. Débarqué de nulle part bien qu’actif depuis les années 90, il est sorti de son désert de Mojave parrainé par Warp pour nous livrer un disque intemporel et inclassable. Soul chamanique, hip hop dérangeant, rock bordélique, chaque plage de cet objet unique accouche d’un genre nouveau. Il y a tant d’inventivité et d’imagination dans cet album qu’il est impossible d’en faire le tour en moins de cent écoutes. Passer à côté serait une erreur monumentale. A lire les critiques de Chroniques Electroniques et de Les Insectes sont nos amis

Les participants au Top des Blogueurs 2010 :

Alain de Soul Kitchen, Anakin de Attica Webzine, Arbobo de Arbobo, Benjamin F de Playlist Society et de Ricard SA Live Music, Benjamin L de Le Transistor, Benoit de Pop Revue Express et de Hop, Catnatt de Heaven can wait, Cedric de So Why One More Music Blog, Daniel de Listen See Feel, Dat’ de Chroniques Automatiques, Dr Franknfurter de The Rocky Horror Critic Show, Dragibus de Les insectes sont nos amis, Eddie de Le Choix de Mlle Eddie, Edouard de Ears of Panda, Ed Loxapaq de Chroniques Electroniques, Elliott de Weirdbrowser, Neska de Adiktblog, Fabien de Kdbuzz, GT de Music Lodge, Gui Gui de Les Bons Skeudis et du Mellotron, Guic’The Old de Laisseriez-Vous Votre Fille Coucher avec un Rock-Addict ?, Jimmy de Nuage Noir, Joanny de Discobloguons, Joe Gonzalez de C’est entendu, Joris de Tasca Potosina, JS de Good Karma, Ju de Des Oreilles Dans Babylone, Julien LL de Des Chibres et Des Lettres, Junko de Unsung, Laure de Not For Tourists, Laurent de Rocktrotteur, Leroy Brown de I’ll give her mélodies, Marc de Esprits Critiques, Martin de Branche Ton Sonotone, Matador de Between The Lines Of Age, Michael de Crystal Frontier, Mmarsup de Little Reviews, Myriam de Ma mère était hipster, Nathan de Brainfeeders & Mindfuckers, Nicolas de Soul Brotha Music, Olivier de Feu à Volonté, Olivier R de Where Is My Song, Paco de De La Lune On Entend Tout, Paul de Pomme de Pin, Pauline de E-Pop, Pierre de Musik Please, Rod de Le Hiboo, Romink de My(Good)Zik, Sabine de With Music In My Mind, Sfar de Toujours un coup d’avance !, Ska de 7 and 7 is, Sunalee de Bruxelles Bangkok Brasilia, Sylphe de Five-Minutes, Systool de Le Gueusif Online, Thibault de La Quenelle Culturelle, Thomas de Le Golb, Twist de I Left Without My Ha, Vincent de La musique à Papa, Violette de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes, Xavier de Blinking Lights

Chef de projet : Benjamin F / Identité visuelle et design : Laurent / Communication : Romink, Sylvie et les Waaa / Porte-paroles : Arbobo et JS

Plus de tops : le classement de GT sur Music Lodge


Prince of Moriarty Johanson is dodelijk

Publié le 3 décembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Concerts | 1 commentaire »

N’ayez pas peur de ce titre, il ne sera ici pas question du dernier mashup en date de DJ Zebra. Il résume tout simplement une semaine de concert riche en voyages, de Badgad à Stockholm en passant par Lille et les USA.

Roken Is Dodelijk

C’est Roken Is Dodelijk qui ouvrait le bal mardi soir au Nouveau Casino. Ce groupe de Lillois est avant tout une rencontre, celle avec leur chanteur Jérôme en plein concert d’Arcade Fire lors de la dernière édition de Rock en Seine. Lui aussi avait choisi de le regarder depuis les téléviseurs placés dans l’espace VIP. Un humour pince-sans-rire autour d’un verre m’avait mis la puce à l’oreille sur ce nom imprononçable. Depuis, leur deuxième EP, The Terrible Things, a séduit un public averti.

Sur la scène du Nouveau Casino, le groupe a parfois donné l’impression de ramer un peu face à un public pas très réceptif. On pouvait pourtant comprendre que leur talent de composition est bien réel, tout comme les arrangements vocaux en live. On restera marqué par ceux absolument superbes du dernier titre joué ce soir-là, Stereo Skin.

Jay-Jay Johanson

Le lendemain, c’est la Suède qui prend le relais pour la première soirée du festival ÅÄÖ dédié à ses musiques actuelles. Archi complète, cette soirée recevait Prince Of Assyria de son vrai nom Ninos Dankha. Né à Bagdad avant d’être élevé en Suède, suite à la fuite de ses parents d’Irak, le chanteur a récemment marqué les esprits de son bel album Missing Note. Sur scène on retrouve toute la fragilité de son interprétation, même si on éprouve parfois un tout petit peu de lassitude face à ses compositions folk-pop.

La bonne surprise viendra de Jay-Jay Johanson. Sa voix reconnaissable entre mille était ce soir là accompagnée d’un simple piano et de quelques boucles issues de son laptop. L’accueil est ultra chaleureux et Jay-Jay visiblement très heureux d’être de retour à Paris. 12 ans depuis la Route du Rock 1998, dernier endroit où j’avais finalement eu des nouvelles de lui. Les retrouvailles furent très belles et émaillées de quelques chansons de son album de l’époque Whiskey. Et l’on se rend compte que ses compositions depuis tiennent aussi bien la route et qu’on n’aurait peut-être pas dû le lâcher en cours de route.

Moriarty

Enfin, hier soir, à l’issue de la conférence de presse du TGV GéNéRiQ, c’est Moriarty qui nous faisait l’honneur d’un showcase d’une petite demi-heure. Rassemblés comme ils savent si bien le faire autour d’un unique micro, les membres du groupe jouent le jeu à fond. On aura même droit à une composition commune avec feu Jack The Ripper. Puis on échangera avec le bassiste à la fin du concert, nous racontant la série de concerts à venir en février durant toute une semaine au Trianon.

Le festival ÅÄÖ continue :

  • Yaya Herman Dune + Nina Kinert + Bye Bye Bicycle / 3 décembre / Point Éphémère
  • Nicolaï Dunger + Frida Hyvönen + Anna von Hauswolff / 4 décembre / La Flèche d Or
  • The Concretes + Pacific ! feat. Sarah Assbring (El Perro del Mar) / 6 décembre / Point Éphémère