La musique creuse le ciel.

Chocolate Genius Inc. : frissons à la Boule Noire

Publié le 25 novembre 2010 | Ecrit par | Catégories : Concerts | 1 commentaire »

En septembre dernier, Mark Anthony Thompson avait bluffé quelques privilégiés lors d’une courte session acoustique organisée à l’occasion de la sortie en France chez No Format de son album Swansongs. On l’attendait sur scène de pied ferme. Hier soir à la Boule Noire il fut (presque) parfait.

Habité par sa musique

Nul ne l’étant vraiment (parfait), on ne pouvait espérer mieux que la prestation qu’a livrée hier Chocolate Genius Inc. Le chanteur new-yorkais, pieds nus, casquette de gavroche et ongles de la main gauche vernis de noir prouve non seulement qu’il possède un vrai talent d’interprétation, mais aussi qu’il sait s’entourer. Difficile en effet de faire mieux que le groupe qui l’accompagnait hier.

Le clavier originaire de Harlem, son «vieil ami» pourtant bien jeune, sait aussi bien faire groover sont piano électrique que le coupler avec une multitude de pédales pour en tirer des sons improbables lors de ses solos. Le batteur de la Nouvelle-Orléans, aussi dépressif que Droopy, semblait décuver derrière ses futs, mais suivait à la lettre avec un feeling indiscutable les indications de Marc Athony, largement improvisées.

Au fond, la contrebassiste (alors que l’on pressentait un temps que Vincent Ségal devait l’accompagner) tient largement son rang. Enfin, l’incroyable Seb Martel à la guitare (« my brother ») déroule son jeu tout en subtilité, entre touché de corde jazz, rock, folk et blues. Tout fonctionne parfaitement entre les musiciens sur lesquels le chanteur peut poser son chant en toute confiance.

My Mom, toujours aussi émouvante

Car il faut bien ça à Mark Anthony Thompson, un écrin pour sa voix de velours. Un canevas sur lequel il peut aussi bien rigoler de ses vannes incessantes que pleurer des émotions qu’il sait encore mieux exprimer. Car passer du rire aux larmes est certainement ce qu’il préfère. Un instant il déconne en lançant sa serviette à la gueule du premier spectateur dans le public, celui d’après il se lance dans un chanson triste comme jamais.

« Une chanson sur le fait d’aimer la bonne personne au mauvais moment » : en une phrase, voilà le genre de thème définitif que Chocolate Genius peut balancer à son public. De quoi faire raisonner en soit un vécu universel et bien présent. Avant de nous achever seul au piano avec cette hallucinante chanson adressée à sa mère My Mom : « But this house smells just the same, but my mom can’t remember my name ». Introspection. Réflexion. Frissons.

  • En concert le 7 avril 2011 au Café de la Danse.
  • Merci à Romain de My(Good)Zik pour la première photo.


Un commentaire pour “Chocolate Genius Inc. : frissons à la Boule Noire”

  1. 1 Monex Investigation a dit le 15 décembre 2010 à 16:10 :

    La r ponse peut aussi bien se trouver dans le banal Kiss Me quau contraire dans le r unificateur Polanski qui na rien dune chanson politique en forme de biopic mais qui parle de labandon du d part de ces choses quon laisser derni re nous tragique et poignant et en m me temps plein doptimisme. De par sa voix dabord qui est chaude sensuelle terriblement soul mais aussi tr s pop puis ensuite au travers de sa posture du magn tisme quil d gage de son humour pince-sans-rire qui converse avec la tristesse de certaines chansons.


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