Le vase donne une forme au vide, et la musique au silence.

Trent Reznor and Atticus Ross — The Social Network

Publié le 5 octobre 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 1 commentaire »

En vacance de Nine Inch Nails depuis plusieurs mois, Trent Reznor continue toutefois de fourmiller de projet. Après le médiocre EP de How To Destroy Angels promis à sa femme, le voilà de retour en compagnie d’Atticus Ross pour signer la BO de The Social Network, qui raconte l’histoire de la création de Facebook.

The Social Network

Producteur de l’ombre de Nine Inch Nails et de bien d’autres projets (Bomb The Bass ou Jane’s Addiction), Atticus Ross ose cette fois-ci inscrire son nom en grand sur la pochette de cette bande originale. Il faut dire que l’ambiance particulièrement sombre et claustrophobe de l’ensemble rappelle Ghost I-IV sur lequel le duo avait intimement collaboré en 2008.

Le couple continue ici dans une veine purement instrumentale. Si l’esprit général reste éloigné de l’esthétique ambient et industrielle de Ghost I-IV, on sent tout de même les réminiscences de l’ADN du duo ressortir. Pas évident pour des artistes aussi entiers de se plier aux diktats de Hollywood, ils s’en sortent pourtant à merveille, créant au final un album absolument homogène.

David Fincher n’aura toutefois pas gardé l’ensemble de la grosse heure de musique du disque, casant également les chansons d’autres artistes dans son film, notamment dans quelques scènes de fête ou d’ambiance. Le réalisateur a bien compris qu’il était obligé de faire concorder un montage bien particulier, à la hauteur de la musique de Reznor et Ross. Plusieurs scènes marient ainsi parfaitement les deux univers. La course d’aviron sur une version survoltée du In The Hall of the Mountain King d’Edward Grieg, montée tel un clip, illustre parfaitement cette volonté.

Si l’homogénéité est l’un des maitres mots du disque, certains titres ressortent tout de même du lot. À côté de cette réinterprétation de la création d’Edward Grieg, In Motion fait le grand écart avec son beat dansant taillé pour les discothèques. Le duo s’amuse également à l’exercice chiptune sur Pieces Form the Whole, saupoudré de sons de Gameboy. On We March, avec son introduction de boite à rythmes et son riff de piano, rappelle les belles heures de The Fragile.

Après nous avoir vrillé l’esprit pendant une heure, on ressort pourtant de l’écoute de ce disque avec un sentiment d’apaisement. Comme si une bête nous avait traversé le cerveau pour le laisser finalement au repos.


Un commentaire pour “Trent Reznor and Atticus Ross — The Social Network”

  1. 1 Yann a dit le 17 novembre 2010 à 10:58 :

    Personnellement, j’ai malgré tout aimé quelques titres de « How To Destroy Angel » et, même si je n’ai écouté que les 5 titres offerts de cette B.O., je trouve le morceau On We March fantastique. Par ailleurs, la B.O. m’a fait une très bonne impression dans le film. Bref, une réussite pour les deux compères.


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