La musique vaut toutes les philosophies du monde.

Une semaine de découvertes

Publié le 10 octobre 2010 | Ecrit par | Catégories : Concerts | 2 commentaires »

Il y a des semaines qui redonnent confiance en Paris et nous prouvent que contrairement à ce que disent les esprits chagrins, on peut encore y découvrir de la très bonne musique. Il suffit d’aller les dénicher.

Misteur Valaire

C’est jeudi que l’on prend la première claque de la semaine à la Maroquinerie. Misteur Valaire, groupe québécois de son état, remplit la salle du XXe sans peine. Il y fait chaud, l’ambiance est belle et les Canadiens n’y sont pas pour rien. Leur musique instrumentale navigue chaleureusement entre hip-hop, electro originel des 80s et funk, tout en gardant une énergie propre au rock. On y croise aussi bien de la boite à rythmes, des scratches, des claviers vintages à la General Elektriks que de la trompette et du saxophone. Si l’on rajoute à cela une approche très ouverte et lucide sur le business musical. On obtient un vrai concentré de musique qui dynamite Coeur de Pirate et Céline Dion. De quoi se réconcilier avec la Belle Province.

Anouk Aiata

La semaine continue ensuite samedi soir sur la très fleurie péniche El Alamein. Dans cette déco qui puise autant dans la jungle que dans l’esthétique des îles lointaines, la programmation est ultra alternative. On n’y coupait pas hier soir avec deux artistes n’ayant en commun que le talent. La soirée s’ouvre avec Anouk Aiata qui se produisait ici pour la première fois avec ses Feathered Trees. Deux guitares, un batteur et un violoncelle pour une musique qui puise autant dans la chanson que dans le jazz manouche, servie par une voix puissante et subtile.

Vincha Backpacker

Mais la vraie surprise de cette soirée était bel et bien Vincha Backpacker. Accompagné de son DJ, aussi habile derrière ses platines qu’au piano ou au mélodica, Vincha distille un hip-hop habillé de chanson qui évoque le Java de la belle époque. Forcément. On oublie pourtant bien vite cette filiation naturelle et l’on se laisse emporter par la qualité des textes finement ciselés. On rigole lorsque Vincha parle de petits seins, mais on se surprend surtout à être ému quand il évoque la ville de Paris, l’enfance ou la paternité. Entrainant, hilarant et émouvant : que demander de plus à la musique ?


Trent Reznor and Atticus Ross — The Social Network

Publié le 5 octobre 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 1 commentaire »

En vacance de Nine Inch Nails depuis plusieurs mois, Trent Reznor continue toutefois de fourmiller de projet. Après le médiocre EP de How To Destroy Angels promis à sa femme, le voilà de retour en compagnie d’Atticus Ross pour signer la BO de The Social Network, qui raconte l’histoire de la création de Facebook.

The Social Network

Producteur de l’ombre de Nine Inch Nails et de bien d’autres projets (Bomb The Bass ou Jane’s Addiction), Atticus Ross ose cette fois-ci inscrire son nom en grand sur la pochette de cette bande originale. Il faut dire que l’ambiance particulièrement sombre et claustrophobe de l’ensemble rappelle Ghost I-IV sur lequel le duo avait intimement collaboré en 2008.

Le couple continue ici dans une veine purement instrumentale. Si l’esprit général reste éloigné de l’esthétique ambient et industrielle de Ghost I-IV, on sent tout de même les réminiscences de l’ADN du duo ressortir. Pas évident pour des artistes aussi entiers de se plier aux diktats de Hollywood, ils s’en sortent pourtant à merveille, créant au final un album absolument homogène.

David Fincher n’aura toutefois pas gardé l’ensemble de la grosse heure de musique du disque, casant également les chansons d’autres artistes dans son film, notamment dans quelques scènes de fête ou d’ambiance. Le réalisateur a bien compris qu’il était obligé de faire concorder un montage bien particulier, à la hauteur de la musique de Reznor et Ross. Plusieurs scènes marient ainsi parfaitement les deux univers. La course d’aviron sur une version survoltée du In The Hall of the Mountain King d’Edward Grieg, montée tel un clip, illustre parfaitement cette volonté.

Si l’homogénéité est l’un des maitres mots du disque, certains titres ressortent tout de même du lot. À côté de cette réinterprétation de la création d’Edward Grieg, In Motion fait le grand écart avec son beat dansant taillé pour les discothèques. Le duo s’amuse également à l’exercice chiptune sur Pieces Form the Whole, saupoudré de sons de Gameboy. On We March, avec son introduction de boite à rythmes et son riff de piano, rappelle les belles heures de The Fragile.

Après nous avoir vrillé l’esprit pendant une heure, on ressort pourtant de l’écoute de ce disque avec un sentiment d’apaisement. Comme si une bête nous avait traversé le cerveau pour le laisser finalement au repos.