La musique, c'est du bruit qui pense.

Les Vieilles Charrues battent la démesure

Publié le 20 juillet 2010 | Ecrit par | Catégories : Festivals | 3 commentaires »

Cette 19e édition aura confirmé le festival breton comme le plus grand événement musical français. Avec des artistes souvent très populaires, les Veilles Charrues brassent tous les styles, toutes les générations, mais aussi beaucoup de bière.

12 campings, 5 000 bénévoles, 35 000 campeurs, 198 000 entrées payantes, 242 000 spectateurs : difficile ne ne pas avoir le tournis dès que l’on parle chiffres à propos des Vieilles Charrues. Il est pourtant surprenant de voir que le site de Kerampuilh sur lequel se tient le festival n’est pas aussi immense que cela, à peine plus grand que la presqu’île de Malsaucy où se tiennent les Eurockéennes. Ce qui impressionne ici est la densité de spectateurs au mètre carré. Les deux grandes scènes Kerouac et Glenmor se font face et alternent leurs concerts. Entre les deux, 50 000 personnes diablement friandes d’alcool et rarement sobres.

Ruée vers Muse dès le jeudi

Du côté artistique, les Vieilles Charrues misent sur du gros, du très gros. Le jeudi soir, en plus de Revolver et des excellents Raveonettes, Dutronc est toujours aussi bon. Avec un show en bonne partie semblable à celui de la semaine précédente aux Déferlantes, il y déploie une voix encore plus chaude. Mais l’événement de la soirée sera bien entendu le concert de Muse. Têtes d’affiche exclusives aux Vieilles Charrues, les Anglais très décriés sur disque feront montre de leur maestria totale sur scène. Dans des conditions météorologiques épiques (le vent et les trombes d’eau ont failli provoquer l’annulation du concert seulement quelques minutes avant son commencement), le groupe délivre une puissance sonore phénoménale qui prend toute sa dimension dans un espace aussi vaste que cette plaine remplie de 45 000 personnes. Une énorme claque.

Le lendemain vendredi, le vrai festival peut commencer. En plus des deux grandes scènes, le Cabaret Breton, la scène Xavier Grall et un Jardin de Curiosité consacré aux arts forains ouvrent leurs portes. La fragile Sophie Hunger se retrouve propulsée sur la grande scène où sa musique trouve étonnamment écho. Wovenhand verra son folk habité entrecoupé par la musique hongroise de Muzsikas. NTM mettra du coeur à son concert, mais sera pénalisé par un mix pas vraiment adapté à leur musique. Mika sera une autre bonne surprise, bien plus en forme qu’aux Eurockénnes, il livre une prestation impeccable.

Le grain de folie Sexy Sushi

Le samedi, après la bonne humeur de Féfé en ouverture, les Islandais de FM Belfast feront du grand n’importe quoi tout en mettant le feu en plein après-midi. Midlake ramènera de la douceur sur une scène un peu trop grande pour sa musique intimiste. Fanfarlo sera la belle surprise pop des Charrues : arrangements classieux et bonne humeur communicative. Loin de la performance d’Indochine où l’on a du mal à suivre la voix très mal assurée de Nicola Sirkis, bien dommage lorsque l’on dispose de musiciens aussi bons. Phoenix sera en revanche impeccable et même halluciné par l’ambiance incroyable durant leur concert. Au royaume des dingues, c’est Sexy Sushi qui remporte la palme ce jour-là. Le duo electro-punk nous balance une musique proche de Fischerspooner, casse des écrans, maltraite des arbres et se met à poil. Du grand n’importe quoi comme parfaite contre-programmation d’Indochine.

Quatre jours de WTF

Le grand beau temps sera de la partie dimanche. Comme première tête d’affiche de la journée, Souchon, habituellement peu friand de festivals se régale devant un public reprenant ses chansons en choeur. Nous, on s’endort un peu. M se tape un gros délire pour un concert ne comprenant qu’une poignée de chansons de 15 minutes. Loin de l’esprit de ses précédentes tournées, il fait ici la part belle à l’improvisation. Le groupe est bon et donne tout, on peut adhérer ou rester hermétique devant ces musiciens qui se font plaisir. Étienne de Crécy prendra le relais avec son désormais très connu système de cubes lumineux efficace. On pourra aussi choisir d’aller voir Toots And The Maytals, vétérans reggae en place comme jamais, devant un auditoire au taquet. C’est Jamiroquai qui clôturera le festival avec un prestation musicalement impressionnante, mais donnant l’impression d’être conduite en pilote automatique.

Alors que l’on pensait atteindre les limites de Kerampuilh, l’édition des vingt ans l’année prochaine risque fort de taper encore plus gros. Les rumeurs font circuler des noms aussi prestigieux que les Rolling Stones, AC/DC ou Metallica. En ayant atteint de tels sommets, il n’en faudra pas moins pour marquer les esprits.


3 commentaires pour “Les Vieilles Charrues battent la démesure”

  1. 1 Guillaume a dit le 21 juillet 2010 à 03:48 :

    Fuckin’ Brittany!

  2. 2 Good Karma » La référence Paléo a dit le 29 juillet 2010 à 17:55 :

    [...] pas entendre une référence au Paléo dans la bouche de chaque organisateur. Des Eurockéennes aux Vieilles Charrues en passant par les Déferlantes, chacun y va de son compliment envers le festival nyonnais. En [...]

  3. 3 Good Karma » Rock en Seine : une histoire de scène a dit le 30 août 2010 à 17:59 :

    [...] repense alors à la prestation de presque deux heures que Muse avait donné en juillet dernier sous la tempête bretonne des Vieilles Charrues. Et on se dit que les Anglais craignent définitivement moins la pluie que les [...]


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