La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur.

Dorian Wood / Espace B / 11.05.10

Publié le 12 mai 2010 | Ecrit par | Catégories : Concerts | 4 commentaires »

Il y a dix-huit ans sortait un incroyable EP live de Jeff Buckley, Live at Sin-é. Hier soir, Dorian Wood donnait l’impression de revivre un moment aussi mythique, suspendu au-dessus de l’agitation perpétuelle de la capitale. Un mythe ne tient finalement à (presque) rien : un lieu improbable, un public réceptif, de belles chansons et surtout un artiste exceptionnel. Coup de bol ou coup de génie, toutes ces conditions étaient réunies à l’Espace B, salle impersonnelle, mais facilement appropriée par la petite cinquantaine de spectateurs.

Venu seul de Los Angeles, le chanteur a dû trouver en arrivant à Paris pour cette tournée européenne des musiciens capables de l’accompagner sur scène. C’est finalement vers ceux de General Bye Bye que son choix s’est tourné. Bien lui en a pris, après une courte répétition, le batteur et guitariste sont opérationnels et suivent avec obéissance les ordres du chef d’orchestre. Un geste suffit pour que le groupe s’adapte instantanément. L’usage est devenu tellement rare dans le rock (au sens large) pour mériter d’être signalé. On n’attendait pas moins de talent de l’artiste Net Emergence de février dernier.

Dès le début du concert, on ne peut être que surpris. Arrivant depuis le milieu du public, Dorian Wood est habillé d’une robe de satin noir, le visage recouvert d’un masque rouge, cadeau de son accordéoniste et représentant selon elle un homard. Improbable, mais théâtral, le costume fait son effet et plonge directement les spectateurs dans une ambiance particulière.

Ce mélange vocal de Jeff Buckley et Michael Stipe, mais affichant 50 kilos de plus sur une balance en impose. Malgré ce physique, une incroyable grâce se dégage de son interprétation. Une émotion teintée de dérision. Des paroles graves, toujours présentées avec humour : « It’s about dying but it’s fun to dance ». On s’attache très vite à Dorian Wood et ses émotions à fleur de peau. Parfois seul au clavier, interprétant une reprise de General Bye Bye ou une chanson en Bulgare, Dorian Wood étonne. Il finit même par une inattendue reprise de Tous les garçons et les filles dont il nous confiera après le concert la passion de son petit ami. Il y a dix-huit ans, Jeff Buckley reprenait Édith Piaf. Hier Dorian Wood faisait honneur à Françoise Hardy. Rendez-vous en 2028.


4 commentaires pour “Dorian Wood / Espace B / 11.05.10”

  1. 1 Les tweets qui mentionnent Good Karma » Dorian Wood / Espace B / 11.05.10 -- Topsy.com a dit le 12 mai 2010 à 02:00 :

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par JeanSébastien Zanchi. JeanSébastien Zanchi a dit: Terrible concert de Dorian Wood ce soir. Bien moins terrible mon live report. http://bit.ly/cKzDzP [...]

  2. 2 valoche a dit le 12 mai 2010 à 10:29 :

    C’était quelque chose.

    Monsieur Karma, s’il y avait une place de Net Emergence Official Live Reporter, elle serait votre.

    Mais bon, tu le sais que j’aime tes Live Report. Mais quand ils touchent un artiste que nous supportons, ça fait quelque chose.

  3. 3 Olivier a dit le 12 mai 2010 à 14:31 :

    Voilà.

    Donc je pestais déjà de n’avoir pu y être.
    On m’avait prévenu, en plus.

    Excellent Live Report, again !

    Inconvénient : ça fout des regrets.
    Avantage : ça fout des regrets.

    Good Karma, c’est le mot, oui…

  4. 4 Benjamin a dit le 13 mai 2010 à 02:02 :

    C’était donc bien… Enfin rien d ‘étonnant :)


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