Bourges, 17 avril 2010, Foals donne l’un des meilleurs concerts du Printemps. Dans le Palais d’Auron, l’autre quintet d’Oxford joue devant un public hyper réceptif. Les teenagers de l’assistance se prennent en pleine face la précision du jeu du groupe, ses grooves syncopés, mais surtout son énergie et son plaisir de jouer ensemble. Fort logiquement, on se met à attendre plus de raison, son second album. Depuis déjà quelques semaines, l’attente du successeur d’Antidotes semble se rallonger au fur et à mesure que l’on se rapproche de sa date de sortie.
En 2008, Foals avait en effet composé l’un des tout meilleurs albums de l’année. Antidotes était un équilibre parfait entre complexité math rock et mélodies pop. Rien que Red sock pugie proposait un refrain plus catchy que n’importe quelle clip de MTV dans les 80s. La même année en novembre, les Anglais retournaient également la Cigale pour le Festival des Inrocks grâce à un Yannis Philippakis survolté qui n’hésitait alors pas à grimper sur le balcon de la salle parisienne. Claque sur disque, claque sur scène, le groupe se plaçait ainsi de belle manière sur l’échiquier du rock européen.
C’est donc avec circonspection que l’on découvre Total life forever pourtant porté par une superbe chanson dévoilée il y a quelques semaines via un clip magnifique. Spanish Sahara promettait en effet monts et merveilles : quelques accords subtils au son d’une guitare claire, voix cristalline de Philippakis, immense montée en intensité se terminant par une explosion rythmique et mélodique. Malheureusement, ce sera la meilleure chanson de l’album, loin devant le reste du tracklisting. Quelques rares titres émergent toutefois de l’ensemble : Blue blood, le single This orient, Black gold ou After glow. Le reste n’est pas convaincant, comme Miami qui sonne comme un vieux Cure mal dégrossi. Album décevant, prestations scéniques extraordinaires, c’est tout le paradoxe qui anime Foals, un groupe qui aime décidément marquer sa différence.
Album disponible le 10 mai
En concert le 2 juillet aux Eurockéennes et le 27 août à Rock en Seine
Pendant que Depeche Mode remplit le Stade de France et plusieurs Bercy d’affilé, Alan Wilder, ancien membre éminent du groupe, se paye un sold-out au Bus Palladium devant 400 personnes.
Drôle de destiné que celle de cet artiste qui quitta en 1995 l’un des groupes les plus populaires d’alors, après une tournée triomphale de quinze mois suite à la sortie de Songs of faith and devotion. Considéré durant sa carrière au sein de Depeche Mode comme le seul vrai musicien de la formation, il avait été recruté sur petite annonce en 1982. Vince Clarke avait alors abandonné le navire après le premier album. Réduit à un trio peu expérimenté, le groupe avait sorti tant bien que mal le bancal A broken frame. Avec son arrivée, le son de Depeche Mode change et devient bien plus riche. Le travail apporté par Alan Wilder sur Black celebration, Music for the masses, Violator et Songs of faith and devotion est alors considérable. Ce n’est pas un hasard si depuis son départ, Depeche Mode s’entoure pour chaque nouvel album d’un producteur de renom : Tim Simenon, Mark Bell et Ben Hillier.
Bloqué dans un format pop qui lui convenait finalement peu, Alan Wilder a débuté son side project dès 1986 avec la publication d’un premier EP de deux titres sobrement intitulé 1 + 2. Avec des durées de 14 et 18 minutes, chaque piste exprime bien le désir de Wilder de respirer grâce à cette approche bien plus expérimentale. Deux ans plus tard un second EP, Hydrology, exploite cette même veine. Il faudra finalement attendre 1992 et son premier album Bloodline pour que Recoil soit de nouveau synonyme de chanson. Plusieurs invités de marque viennent y poser leur voix : Douglas McCarthy (Nitzer Ebb), Toni Halliday (Curve) et Moby. Unsound methods en 1997 (avec Siobhan Lynch, encore Douglas McCarthy et la choriste de Depeche Mode Hildia Campbell) et surtout Liquid en 2000 (avec notamment Diamanda Galás) finiront par imposer Alan Wilder comme un artiste à part entière avec son identité propre.
N’hésitant pas à jongler entre les styles, la musique de Recoil est sombre, rythmiquement travaillée et propose des arrangements souvent complexes. Très cinématographiques, les paysages ainsi dessinés apparaissent comme peu accueillants. Un sentiment de claustrophobie et de sophistication se dégage de l’ensemble. La compilation Selected sortie lundi dernier se pose ainsi comme une bonne porte d’entrée dans une discographie torturée et difficile à appréhender.
Extrêmement rare sur scène, on attendait donc beaucoup de l’artiste tout en sachant qu’il serait difficilement possible d’y reproduire la subtilité de sa musique. Avec cette multitude d’invités présents sur ses disques, il serait également impossible pour Alan Wilder de tous les regrouper sur scène. C’est donc finalement une formule live act derrière trois Mac et des machines qui a été choisie. Paul Kendall, fidèle producteur anglais du label Mute (Wire, Renegade Soundwave, Nitzer Ebb), accompagnait l’ancien membre de Depeche Mode derrière tout cet attirail technologique. Heureusement, que cette Strange hour était illustrée d’une projection sur grand écran de vidéos notamment inspirées des travaux de l’illustrateur Hans Ruedi Giger, le reste des images lorgnant vers un esprit plutôt proche de l’univers de David Lynch.
Musicalement, la set list est étrange. Véritable mash-up de ses titres, la prestation donne l’impression de mélanger un peu tout et n’importe quoi. Les styles s’enchainent sans véritable lien : trip-hop, drum’n’bass, electro instrumentale, tout y passe. Dommage que cela soit fait sans réelle notion de progression d’intensité. Le public n’est d’ailleurs pas très réceptif. On comprendra d’ailleurs lors d’un passage en forme de clin d’oeil rejouant l’Aggro mix de Never let me down again que le public s’attendait certainement à voir et entendre du Depeche Mode. C’est donc un sentiment mitigé qui prédominait à la fin du show d’une heure et quelques minutes. Dommage quand on connait la qualité de la musique de Recoil. Elle mériterait finalement une véritable formation live avec chanteur pour lui donner réellement vie sur scène. Le studio reste encore et toujours le lieu de prédilection d’Alan Wilder, comme s’il était maudit d’avoir quitté Depeche Mode qui reste toujours une valeur sure du live.
Il fallait être sacrément motivé pour aller à Bourges cette année. Rien à voir avec la programmation toujours parfaitement équilibrée entre découvertes et têtes d’affiche, mais plutôt avec une grève SNCF qui ne proposait que deux trains par jour en direction du Printemps. Avec une fréquentation de 240 000 personnes cette année (dont 67 600 places) autant dire que ceux qui aiment voyager debout était servis.
Sur les trois premiers jours M, JP Nataf, Emilie Simon, Iggy & The Stooges, Nada Surf ou encore Health ouvraient les hostilités. Impossible de les voir en arrivant le vendredi en tout début de soirée. Journée certainement la moins impressionnante artistiquement, ce vendredi a tout de même réservé sont lot de bonnes vibrations notamment grâce à l’impeccable prestation de Midlake à l’Auditorium. Classe infinie, orchestration travaillée, batteur incroyable et guitar hero à la Wilco achevaient l’auditoire. Belle surprise des sept musiciens.
Au 22 Ouest, Wave Machines peinaient à convaincre en dehors de leur tube Keep the lights on. Compositions peu convaincantes et interprétation réduite au minimum syndical finiront de nous faire zapper de salle. Au 22 Est sévissaient en effet The Love Me Nots. Originaires de Phoenix dans l’Arizona, les deux filles et les deux gars envoyaient un rock’n’roll sévère face à un public médusé. Bassiste ultra sexy, chanteuse charismatique et musique basique, mais tellement efficace, il n’en fallait pas plus pour nous faire craquer. Une possible apparition à Rock en Seine est prévue, la fin de l’été s’annonce chaude à Saint-Cloud. En fermeture de soirée, les Californiens de Fool’s Gold proposait une étonnante musique africaine chantée en hébreu et finissait même dans la salle au milieu du public pour son rappel.
Le samedi s’annonçait en revanche bien plus animé, les hostilités s’ouvraient tout d’abord par une magnifique session acoustique de Quadricolor dans les studios du Mouv’. Les jeunes niçois confirment de plus en plus leur talent. Le CD glissé par le chanteur aux membres de Foals qui étaient interviewés juste avant leur prestation leur donnera peut-être un coup de main amplement mérité.
L’événement de la journée restait toutefois la deuxième édition de la Rock’n’beat party partagée comme l’année dernière entre le Phénix et le Palais d’Auron. Gros son dansant 20 h à 5 h pour 28 euros, la jeunesse berrichonne ne s’y trompe jamais et vient en nombre. Hyper réceptif, le public donne un feedback monstrueux à chaque artiste, We Have Band récolte ainsi cri et applaudissements à chaque break de leur musique pourtant très pauvre. Pendant ce temps au 22 Est, le Sud-Africain Ben Sharpa déroule son rap teinté de grime d’une très bonne tenue, dommage que le sound system ne lui rende pas justice.
Le Palais d’Auron nous fait ensuite les yeux doux pour l’un des concerts les plus attendus du festival, le grand retour de Foals avant la sortie de leur nouvel album le 10 mai prochain. Encore une fois, les natifs d’Oxford prouvent que le terroir de leur ville donne des groupes exceptionnels sur scène. La maitrise technique est réellement impressionnante et permet de dérouler des titres aux architectures incroyablement travaillées. Pour autant, les compositions ne sont pas ennuyeuses et accrochent directement l’oreille. Le public ne s’y trompe pas en dansant comme jamais sur des rythmes jonglant en math rock et influences africaines. Assurément la claque de ce Printemps.
En face au Phénix, Two Door Cinema Club démontre l’efficacité de ses titres sur une grande scène, mais reste tout de même un ton en dessous de Foals. On change d’air et on oublie les attitudes sérieuses des Britanniques pour Lexicon au 22 Est. En entrant sur scène, les Californiens sont déjà sérieusement éméchés, bouteille de Jack Daniel’s à la main. Les deux frères Black accompagnés de leur DJ, bassiste et guitariste font tout de même le show, s’exprimant à la fois en anglais et en français. Ils déclament ainsi leur amour pour les « gorgeous french girls » et enchainent les blagues de potaches sur un son digne de Beastie Boys de la West Coast. Drôle, efficace et festive, la prestation fait du bien à voir.
Puis la soirée se terminera au Phénix par un enchainement Vitalic / Mr. Oizo / Bloody Beetroots plutôt convenu. Vitalic envoie son éternel electroclash de plus en plus putassier, Mr. Oizo zappe les titres à la vitesse de l’éclair et les Bloody Beetroots en formation live se prennent pour DaftPunkJustice. Il faut pourtant reconnaitre l’hallucinante ambiance que mettent les Italiens au chapiteau, dynamitant les 5000 personnes en même temps. Toujours aussi convivial, le Printemps de Bourges a une nouvelle fois ouvert la saison des festivals en fanfare.
Éric est un marin pêcheur de la Grande Anse. La cinquantaine bien portée, il nous conduira avec son modeste bateau à travers la mer des Caraïbes, de la Martinique à Sainte-Lucie. Toutes les lignes régulières, aussi bien aériennes que maritimes étant complètes, Éric reste notre dernière chance de rejoindre Gros-Islet, village où a lieu le réputé Friday Night.
La traversée sera épique. Les bagages sont emballés dans des sacs poubelles et les passagers recouverts de cirés. Peine perdue, on arrivera trempé à l’arrivée, au port de Rodney Bay. Rien n’aura joué en notre faveur : le temps est menaçant, le vent souffle, la mer se creuse et une averse finale aura raison de nous. Deux heures suffiront à calmer notre enthousiasme ressenti au début du voyage sur les premiers creux rencontrés. Quelques dauphins croisés au large finiront tout de même par nous consoler.
Une fois sur place, la douane est peu regardante. Éric se charge des formalités, quelques échanges en créole nous font comprendre que le navigateur est en terrain conquis. Il nous confirmera cela au retour, quelques petites attentions ramenées de Martinique facilitent la circulation de ses passagers. Séchés et habillés tant bien que mal, nous fêtons notre arrivée en un seul morceau par la dégustation d’une Piton, la bière locale.
Éric sera notre relais sur place durant tout le week-end. Il nous dégote en quelques minutes un van qui servira de taxi à nous cinq. Peter le chauffeur nous conduit aussitôt, au son de ses baffles qui crachent du reggae, chez Sandra, mama locale qui nous accueille dans son impeccable guest-house. Coqs, chèvres et chiens dorment dans le jardin, pour nous ce sera dans la chambre rose. Rideau de douche et dessus-de-lit en satin digne de Barbie, tableau accroché, mais encore emballé dans son conditionnement d’origine, aucun doute, on se trouve bien au royaume du kitsch.
Une douche salvatrice plus tard, nous voilà partis au village de Gros-Islet, quinze minutes de marche plus loin. Ce qui n’avait pas été prévu, c’était la pluie incessante de la journée. Cinq mois que l’île n’avait pas vu l’eau, pas de bol pour les touristes. Arrivés sur place, un délicieux repas chaud à base de riz et de chatrou nous donnera réconfort. Le rhum local est bien trop fort et moins bon que dans les Antilles françaises pour accompagner la soirée, quelques Piton suffiront.
Malgré la pluie incessante, les stands dans la rue voient leur queue grandir. Toutes sortes de plats locaux y sont servis, tout semble délicieux. Au croisement de Marie-Therese Street, une grande scène est dressée. Rien ne s’y passe pour le moment, mais les énormes enceintes envoient déjà ragga et dancehall à foison. La rue continue à se remplir sous la pluie. Avec 30 degrés, il est bien plus facile d’y rester. Quelques touristes, beaucoup de locaux, le public est dans un esprit bon enfant mis à part quelques pickpockets vite repérés. L’ambiance chauffe et les animations commencent enfin sur scène, un MC harangue la foule et commence à distribuer des t-shirts.
On comprend vite pourquoi cette scène est exceptionnellement là ce soir : elle permet d’honorer la venue de deux special guests, le premier est de taille, le second est gigantesque. Venu directement de Jamaïque, Mr. Vegas vient surchauffer la foule désormais à point. Toujours sous une pluie incessante, il fait danser les spectateurs dans des positions plus que suggestives, on a le sang chaud ou pas. Le déplacement ne sera pas long pour lui, un vingt minutes montre en main. Mais la superstar de ce soir est Michael Jackson en personne. L’illusion est parfaite, le sosie sur scène nous met un doute quant à la mort du chanteur. Son medley déclenche l’hystérie la plus totale dans la rue. Une seule chose est certaine, ce soir-là : Michael a ressuscité. Deux heures du matin, la Friday Night se termine. Suite à de récents débordements, les autorités ont préféré serrer la vis. En rentrant à pied, on croise le van de Peter qui fera donc finalement un détour par chez nous. À son bord se trouvent Éric et ses amis martiniquais, on ne savait pas encore ce qu’ils nous réservaient pour le lendemain.
Fort logiquement, on nous emmènera donc au Saturday Night du village de pêcheurs de Dennery. Après avoir fait un détour de plusieurs dizaines de kilomètres à travers les routes de la forêt tropicale pour récupérer du matériel de pêche qui ne rentrera finalement pas dans le van, nous voilà arrivés sur cette plage après presque trois heures de route sous la pluie. Ce soir on a de la chance, seules quelques averses viendront rafraichir l’air.
Une fois encore les stands de nourriture préparée à partir de la pêche locale sont les stars du soir. Une incroyable soupe de lambis et une brochette de poisson plus tard, nous voilà sur pied pour affronter le sound-system. Cette fois-ci le lieu est tout sauf touristique, nous sommes les seuls blancs présents sur la plage. Soudain la musique se coupe et plusieurs femmes habillées d’un costume créole se pressent autour de percussionnistes. Les chants traditionnels s’enchainent ainsi durant plusieurs dizaines de minutes. Tout le monde danse autour et participe. Un jeune du coin, look US jusqu’au bout de la casquette viendra même rapper sur ces rythmes. Un défilé de miss du coin du plus tard nous voilà repartis vers chez notre logeuse.
On espérait un retour tranquille, ce n’était pas l’intention de nos huit amis martiniquais surchauffés au spice. Pendant une heure, zouk à fond, les tubes s’enchainent et sont chantés à tue-tête. Le lendemain matin, Éric nous attend au port pour un retour bien plus calme en Martinique. Le temps de faire une halte à Fort-de-France pour repartir vers la Dominique. Ici, point de musique, la nature reprend ses droits et nous nos esprits.
Samedi 3 avril, 18 h, plage de Pointe Marin à Saint-Anne, Sud de la Martinique. Le soleil se couche, voilé par quelques nuages de fin de journée. La chaleur assommante de la journée fait place à une brise salvatrice. La lumière orangée vient éclairer une foule de corps torses-nus dansant sur la musique caribéenne au rythme chaloupé du collectif Sous le Ground. Le moment est parfait, il le sera pendant trois jours.
Martizik avait fait le pari de créer en Martinique un festival de musique électronique qui manque tant à l’île. La tâche était ardue, mais elle valait le coup tant ce lieu est magique. Sable blanc, eau claire, ombre salvatrice des palmiers, la plage du restaurant l’O se prêtait parfaitement à l’exercice. L’équipe des Plages Electroniques a décliné avec réussite ses soirées cannoises populaires.
Devant environ 400 personnes pour les deux premières soirées, l’esprit initial des Plages retrouvait ici une seconde jeunesse. Petit comité, rencontres faciles, sens de la fête caribéen et nonchalance antillaise composaient cette recette toute en équilibre. La programmation musicale tentait également de reproduire ce métissage entre scènes musicales des deux côtés de l’Atlantique.
La première soirée placée sous l’égide du très actif collectif créole Sous le Ground était parfaitement représentative de cette démarche. En plus des activistes locaux, le très technique Français DJ Netik enflammait plus tard dans la soirée le public avec une furieuse drum’n’bass. La journée avait pourtant débuté plus tranquillement avec le concert de David Walters, Marseillais d’origine caribéenne. Folk acoustique, saxophone et djembé collaient alors à l’ambiance de milieu d’après-midi où il fait bon ne rien faire, allongé face à la mer. La soirée était alors clôturée par Norman Jay, vieille légende la scène anglaise, cofondateur du label Talkin Loud avec Gilles Perterson. Selector par excellence, il remplace une technique de mix sommaire par un choix musical toujours très pertinent et sans oeillères.
Même lieu, musique différente, la deuxième journée promettaient une musique bien plus directe et minimale que celle de la veille. Et Martizik a tenu sa promesse, notamment avec le Cannois Nicolas Masseyeff, co-organisateur des mythiques soirées Limelight. Le DJ s’est même improvisé un set en forme de duo avec Mahdi Jaggae, Vençois repéré par la Nouvelle Star. Sur un set ultra efficace, Mahdi pose son timbre de voix si particulier, un set qui plaira au public, désormais chauffé à blanc pour Etane Carter, l’une des références électroniques de Martinique. On regrettera toutefois un mix en demi-teinte essentiellement composé de breaks et ponts qui ne contribuent pas vraiment à une construction cohérente.
Toute autre ambiance pour la dernière soirée. Initialement prévue sur la plage et autour de la piscine de l’hôtel Batelière de Schoelcher, elle sera déplacée vers le club le Maximus à Lamentin. Face aux difficultés faites par les responsables locaux on s’adapte. Le cadre était forcément moins séduisant, mais l’ambiance était d’autant plus conviviale dans ce lieu intimiste. Mahdi Jaggae était de retour au micro en début de soirée, accompagné cette fois-ci de Sly Da Wise, deux azuréens pour un son métissé. Les DJ set faisaient ensuite place à deux concerts, Victor O, Martiniquais épris de reggae, de zouk et de bèlè, puis Bamboolaz, groupe qui définit sa musique comme du zouk metal. Le duo Radioclit reprend ensuite les platines. Déjà aperçu aux Plages Electroniques l’été dernier la formation déroule un mix hyper dansant et groovy, soutenu par un MC qui fait le show et distribue du rhum vieux à qui veut bien le boire directement au goulot. Dub-4 clôt ensuite la soirée par un court set qui gardera l’ambiance toujours aussi chaude devant le minuscule comité toujours présent à cette ultime soirée.
Île aux lieux magiques, la Martinique nous a offert trois jours incroyables. Martizik, un projet ambitieux et difficile à organiser s’est fait l’ambassadeur parfait des Antilles et de cette partie de France à l’autre bout du monde.