John Adams / Cité de la Musique / 27.03.10
Publié le 28 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Concerts | 3 commentaires »Une silhouette vêtue de noir virevolte devant l’Asko/Schönberg ensemble. Cet homme à la chevelure blanche danse presque devant ses musiciens. Emporté par l’enthousiasme, il n’hésite pas à aller vers eux pour mieux les diriger. Cet homme est John Adams, compositeur de musique contemporaine. Hier avait lieu la dernière soirée de son Domaine privé à la Cité de la Musique. En dix jours, l’Américain y a joué nombre de ses oeuvres importantes pour terminer par les trois présentées hier : Son of chamber symphony, Shaker loops et Chamber symphony.
Chamber symphony et sa descendance Son of chamber symphony sont deux oeuvres exigeantes. Inspirée, d’après le compositeur, par les musiques des dessins animés que regardait son fils, la première création date de 1992. Difficile d’approche, elle est notamment reconnaissable grâce à un mouvement mettant en avant une walking bass directement héritée du jazz. L’impression qui se dégage de ce tout est qu’il découle de l’interprétation presque solitaire de chaque musicien. Chacun semble jouer une partition qui lui est propre sans véritable corrélation avec ses autres partenaires. Son of chamber symphony suit les pas de son ancêtre et en approfondi ses propos, quinze ans plus tard.
Mais la véritable perle de cette soirée était Shaker loops, oeuvre majeure dans la carrière d’Adams. Composée pour un septuor à corde, la pièce marque en 1978 le retour du compositeur à la musique tonale. Les quatre mouvements exécutés en vingt-cinq minutes, sont directement inspirée de Wavemaker une composition qui connut un échec commercial et critique plus tôt cette année-là. Basée sur des boucles et des ondes jouées par les cordes, l’oeuvre est l’une des plus jouées du courant minimaliste. Rythme et oscillations jouent un rôle majeur dans la frénésie qui se dégage de l’ensemble. Pris dans ce tourbillon musical, le spectateur n’a plus qu’à se laisser emporter et admirer cette virevoltante silhouette noire coiffée de blanc qui a composé cette merveille.
- Ce concert est visible sur le site d’Arte Live Web
- Le prochain Domaine privé de la Cité de la Musique sera consacré à Air

« Hier soir avait lieu la dernière soirée de son Domaine privé à la Cité de la Musique. »
Voilà donc comme ça déjà, si on avait envie de lire ta chronique en se disant « ah tiens j’irais bien », bah c’est mort… :)
Un seul mot : provocation. :p
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Fabien, Cité de la Musique, High-C.com, JeanSébastien Zanchi, MLTereza et des autres. MLTereza a dit: John Adams / Cité de la Musique / 27.03.10 http://bit.ly/9c06Jz /cc @feedly [...]