La musique creuse le ciel.

Tosca – Pony (no hassle versions)

Publié le 24 mars 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 2 commentaires »

L’art du remix est certainement l’un des exercices les plus casse-gueule qu’il soit. Certains s’en sont fait une spécialité à en devenir médiocres dans leurs propres productions, d’autres essayent tant bien que mal de s’y adonner. Outre un simple morceau, le remix peut aussi redonner vie à un album complet.

Depuis les années 90, les remix ou dub albums ont ainsi fleuri de toute part. Quelques exemples ont ainsi illuminé la discographie de certains artistes. En 1995 Ruby, pseudo de Lesley Rankine ancienne chanteuse de Silverfish, sortait ainsi Salt peter son premier album solo produit par Mark Walk. Si le résultat était loin d’être catastrophique, le disque restait toutefois un cran en dessous de la production electro-trip-hop-rajoutezlamentiondésirée de l’époque. Un an plus tard, patatras, il fallait revoir son avis avec la sortie d’un remix album judicieusement sous titré Revenge, the sweetest fruit. On y retrouvait quelques plus beaux noms d’alors : Peshay, Red Snapper, Monkey Mafia, Primal Scream et surtout Fila Brazilia pour une version de The whole is equal to the sum of its parts qui restera l’une des référence downtempo de la décennie.

À la même époque, Massive Attack confie les bandes de No protection à l’un des maîtres du dub : Mad Professor. Passé sous sa moulinette, le disque retrouve le pouvoir hautement hypnotique d’un groupe constamment sous l’emprise d’une herbe folle. Toujours dans l’exercice dub, en 1997 Adrian Sherwood, fondateur de l’incroyable label On-U Sound, passera Vanishing point de Primal Scream au filtre du dub. Cet album d’une richesse déjà affirmée verra son côté hallucinatoire renforcé par le traitement du sorcier du delay sur cet Echo dek.

La démonstration Ruby a donc également court 15 ans plus tard. Sorti l’année dernière, No hassle n’avait pas déchainé les passions par ses compositions plutôt passe-partout. Loin très loin des premiers albums très convaincants du duo autrichien. On espérait alors que le remix album (il est systématique chez Tosca pour chaque nouvel opus) remette du baume au coeur des fans déçus. Bien en a pris à Richard Dorfmeister et Rupert Huber puisque ce Pony (no hassle versions) est une réussite totale.

Le tempo global de l’album s’accélère pour éviter de nous endormir comme l’original. Les influences reggae pointent également le bout de leur nez sur la version de Birthday par Grant Phabao. Le remix d’Elitsa par Stevie Kotey et Robin Lee lorgne carrément du côté des clubs, tout comme celui de Joe Si Ha par Pete Herbert et Phil Mison. L’album se paye même le luxe de se terminer par une magnifique version tout en corde de Rosa par le KuK Streichquartett. Convaincante, cette version prend donc l’ascendant sur l’originale, un comble pour Dorfmeister qui avec Kruder a réalisé quelques-uns des plus beaux remixes des 90s.

  • Album disponible le 29 mars


2 commentaires pour “Tosca – Pony (no hassle versions)”

  1. 1 Les tweets qui mentionnent Good Karma » Tosca – Pony (no hassle versions) -- Topsy.com a dit le 25 mars 2010 à 17:17 :

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par JeanSébastien Zanchi. JeanSébastien Zanchi a dit: On cause remix album sur #GoodKarma à l'occasion de la sortie du "Pony" de Tosca. http://bit.ly/9Nmtle [...]

  2. 2 Benoit a dit le 7 avril 2010 à 16:16 :

    oui très bel exercice, des versions très classes, un vrai plaisir !


Laissez un commentaire