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Liars / Sisterworld

Publié le 2 mars 2010 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques | 3 commentaires »

Sisterworld débute sur une voix  douce accompagnée d’un choeur angélique avant une déflagration, une minute et quarante secondes plus tard. Ce premier titre Scissor résume finalement bien ce nouvel album de Liars : une alternance de mélodies subtiles et de rage expulsée. Sur une rythmique lourde, cordes et glockenspiel habillent No barrier fun, tandis que Here comes all the people commence sur une guitare claire, qui n’est pas sans rappeler les sons utilisés par Cure à ses tout débuts. La suite de la chanson est une superposition d’harmonies vocales et de notes légèrement dissonantes créant cette ambiance toute particulière. Drip évolue dans une atmosphère sourde et cotonneuse, les claustrophobes en seront pour leurs frais. L’esprit post-punk des débuts reprend ses droits sur Scarecrows on a killer slant. Une basse électronique accompagne une rythmique martiale et des guitares saturées.

Puis l’ambiance se calme sur I still can see an outside world où les harmonies vocales rappellent des Beatles encore plus sous acide qu’à l’époque. Mais là encore, le temps se gâte et la retenue ne manque pas d’exploser comme pour rappeler la structure de Scissor. Avec ses cinq minutes au compteur, Proud evolution pourrait presque passer pour un morceau de rock progressif au milieu de ces titres courts, au lieu de ça, l’hypnotisme du morceau ferait plutôt penser à la parfaite résurrection de Can. Drop dead continue ensuite d’explorer cette atmosphère bancale chère au groupe, puis The overachievers renoue avec un punk que les Ramones n’auraient pas renié. Goodnight everything se fait quant à elle plus douce et remplie de riffs lancinants et même conclue par des cuivres. Too much, too much fait mentir son titre en concluant cet album qui parait court malgré ses quarante-deux minutes. Là encore, le chant est mis en avant, Liars en oublie même la rythmique, le faisant évoluer sur une nappe de guitare entêtante.

Superbe effort que ce Sisterworld pour les New Yorkais de Liars. Ne capitalisant pas sur leurs albums passés, le groupe arrive à se réinventer et avancer en explorant de nouvelles pistes. L’un des plus beaux albums de rock de cet hiver finissant.


3 commentaires pour “Liars / Sisterworld”

  1. 1 Benjamin F a dit le 2 mars 2010 à 13:54 :

    Définitivement le plus grand album de ce début d’année avec le Xiu Xiu. J’ai commandé l’édition limité avec l’album de remix et je suis bien impatient. Chouette critique (mieux que la mienne en tout cas^^)

  2. 2 Jean-Sébastien Zanchi a dit le 2 mars 2010 à 13:56 :

    Arrêtez de me faire croire que cette critique est bonne. :) Vraiment hâte d’écouter tous les remixes également !

  3. 3 raoul le chien a dit le 15 mars 2010 à 10:15 :

    Mais si elle est bien ta critique jean-seb, beaucoup plus simple et explicative pour le commun des mortels amoureux de zik à découvrir de son vivant que la cryptolope critique de chronic’art le mag mais très efficace pour l’initié , par exemple…

    Je confirme pour Xiu Xiu: c’est du bon.


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