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Agoria / Balance 016

Publié le 24 février 2010 | Ecrit par | Catégories : Disques | 2 commentaires »

L’art du DJ mix est délicat. Celui enregistré sur disque encore plus. Une prestation éphémère devant un public a ceci d’excitant qu’elle se cale sur le désir de la foule, sur son envie de danser et sa réceptivité à la musique proposée. Certains de ces sets enregistrés en club dans des conditions idéales ont durablement marqué l’histoire des albums mixés. L’un des plus beaux exemples de ce type est la série Mix-up éditée par Sony Japon dans les années 90. Takkyu Ishino, Ken Ishi, Fumiya Tanaka, mais surtout Derrick May et Jeff Mils avaient dynamité le genre avec leurs sets explosifs. Enregistrés en live, on y entendait notamment les cris du dancefloor à chaque break tonitruant. Le genre de disque qui donne des frissons, même après des années d’écoutes intensives.

L’exercice auquel s’attaque Agoria avec ce Balance 016 est tout autre. Il relève de la réflexion plutôt que de l’instinctivité. Ici, rien n’est dû à l’improvisation, on se trouve plutôt devant une compilation mixée. Les titres sont choisis et calés au millimètre. C’est le mental qui prime sur le physique. Le genre avait trouvé l’un de ses maitres en la personne de Richtie Hawtin. Le Canadien avait notamment produit l’un des summums du genre en 1999, Decks, EFX & 909 et dans une moindre mesure, sa suite en 2001, DE9 | Closer to the edit. En écoutant ces disques, on comprend mieux pourquoi il a participé de près à l’élaboration du logiciel Final Scratch. Bien plus récemment Joris Voorn avait franchi une nouvelle étape dans ce sens l’année dernière avec le Balance 014, un incroyable mix chirurgical en deux CDs puisant dans plus de cent titres. Un hymne à l’amour d’Ableton Live.

Le Français Agoria est pour sa part bien plus sage. Ce Balance 016, double CD également, ne s’attaque qu’à une cinquantaine de titres. Bien heureusement, beaucoup de styles y passent, toujours enchainés avec la classe et goût auxquels nous a habitués l’un des fondateurs du label InFiné. LCD Soundsystem, Jonny Greenwood, Tosca, Avril, Aphrodite’s Child, Sylvain Chauveau, Emiliana Torrini ou Aufgang ont ainsi été choisis par le DJ. Autant dire que le voyage proposé (le premier disque est sous-titré Aller retour) ne se limite pas à la seule techno à laquelle certains auraient pu s’attendre. Agoria ne réduit toutefois pas sa participation à la série Balance à un simple enchainement. L’ordre et le mix est d’une cohérence extrême et se nourrit de superbes montées telles celle proposée par l’assemblage d’Altre voci d’Agoria et de Train in Austria part 2 de Glimpse. Sans aucun doute l’un des plus beaux numéros d’équilibriste de ce début d’année.


2 commentaires pour “Agoria / Balance 016”

  1. 1 Selenite a dit le 24 février 2010 à 14:51 :

    Après une dizaine d’écoutes, je reste perplexe. Autant certains passages décournent des gnous par paquets de douze, comme le lent démarrage du CD1, ou le Tehellet de Jonny Greenwood wui embraye sans prévenir sur French Kiss en emportant quelques têtes au passage… autant les moments plus Copa Cabana / funk ne sont pas du tout à mon goût. C’est le risque à vouloir de éclectisme. Sans doute arriverais-je un jour à les intégrer dans l’ensemble et à considérer tout ça comme un tout homogène

    Bref, excellent album, mais je ne suis pas aussi enthousiaste (retourné) qu’à la sortie de At The Controls.

  2. 2 Good Karma » Agoria – Pantha Du Prince / Rex Club / 06.03.10 a dit le 7 mars 2010 à 14:27 :

    [...] à cette ligne de conduite tout le reste de la soirée. Bien plus agressif que sur son récent Balance 016 (la soirée était organisée à l’occasion de sa sortie), Sébastien Devaud déroule un set [...]


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