We want Miles / Cité de la musique – Paris / 16.10.09 – 17.01.10
Publié le 4 octobre 2009 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Non classé | 13 commentaires »C’est un véritable évènement qui se prépare à la Cité de la musique. Le 16 octobre prochain, l’exposition We want Miles, remettra sur le devant de la scène Miles Davis, 18 ans après sa disparition. Nous l’avons visitée en avant-première.
Impossible d’évoquer de manière exhaustive toute la carrière de Miles Davis. Impossible de qualifier son oeuvre, si ce n’est en évoquant son caractère protéiforme. Impossible de dire jusqu’à quel point son jeu a révolutionné le jazz et les styles qu’il a enfantés. Doit-on pour autant se taire, seulement écouter ses disques sans jamais les commenter ?
Ce n’est pas le choix de Vincent Bessières, commissaire de l’exposition, et d’Éric de Visscher, directeur du Musée de la musique, qui nous ont accueillis pour nous présenter en avant-première cette exposition exceptionnelle à plus d’un titre. Elle est tout d’abord la première à rassembler autant d’objets personnels du trompettiste. Partitions écrites de la main du maitre (elles sont très rares), nombreuses trompettes et sourdines, costumes kitsch des années 80, tout y passe.
L’exposition est décomposée en deux temps forts (sur deux niveaux), relatifs aux deux grandes étapes artistiques de sa carrière. Si le procédé est un peu simplificateur, il a le mérite de faire comprendre au public l’évolution artistique du musicien. Toutefois, chaque niveau décompose les autres étapes de son oeuvre : les premiers pas à Saint-Louis (où il se plaisait à dire qu’une tornade dévastant la ville lui avait donné le souffle nécessaire à son instrument), l’arrivée à New York dans le monde du be-bop, l’addiction aux drogues, la période parisienne (durant laquelle il vivra une idylle avec Juliette Gréco), son premier grand quintet (John Coltrane, Red Garland, Paul Chambers et Philly Joe Jones), son second quintet phare (George Coleman, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams), sa période électrique initiée à la fin des années 60, puis son grand retour médiatique du début des années 80.
Pour illustrer tous ces épisodes, de nombreux objets, projections et anecdotes jalonnent un parcours à la scénographie parfaitement mise en scène. Le premier étage tout en noir et blanc propose de regarder des extraits d’Ascenceur pour l’échafaud en écoutant sa bande originale. Deux tableaux de Basquiat représentent les premières années new-yorkaises auprès de Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Des coupures de presse évoquent son agression par la police en pleine Amérique raciste. Sa signature avec Columbia, représentée par une immense photo du studio de la 30e Rue à New York est un moment majeur de sa carrière. On peut même y admirer la trompette de Miles et le saxophone de John Coltrane côte à côte.
Puis le second niveau, tout en couleurs, s’ouvre sur la projection de sa prestation à l’île de Wight en 1970, accompagné de Gary Bartz, Chick Corea, Keith Jarrett, Dave Holland, Jack DeJohnette et Airto Moreira (rien que ça). Miles Davis marque ainsi sa sortie du milieu puriste du jazz et lorgne désormais vers l’électricité et l’amplification. Le changement visuel et graphique de ses pochettes incite sa maison de disque à le repositionner sur le marché du rock. Une très rare vidéo amateur montre Miles en plein entrainement de boxe, un sport auquel il s’est longtemps adonné. Un ampli Yamaha spécialement conçu pour lui trône dans un coin, tandis qu’une vidéo montre l’enregistrement d’On the corner.
Puis un long couloir sombre évoque sa traversée du désert, de 1975 à 1981, due à de nombreux problèmes de santé. Le début des années 80 est vécu par Miles Davis comme une réelle renaissance. Ayant pleinement conscience de sa légende, le musicien a très bien saisi l’ère du tout médiatique qui vient de s’ouvrir. Il s’affiche dans une publicité pour un scooter. Sa musique est complètement théâtralisée, comme les vidéos de l’album Tutu (composé par Marcus Miller) mises en scène par Spike Lee. Son dernier concert sera finalement donné à la Vilette en 1991, devant la Grande Halle, à quelques pas du Musée de la musique.
Cette exposition a demandé à Vincent Bessières un peu moins de deux ans de préparation. Délai finalement très court quand on sait qu’il a dû courir après les nombreux objets la composant : « J’ai passé des jours dans des hangars à Saint-Louis à déballer des cartons remplis des effets personnels de Miles. Il n’existe aucune fondation dédiée à sa mémoire. De plus, il a souvent déménagé et n’était pas du tout matérialiste, cela ne facilite pas les recherches. »
S’il nous lègue finalement si peu d’objets, il nous aura toutefois laissé une des plus belles phrases de l’histoire de la musique, en forme d’interrogation : « Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les plus belles ? »
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et bah voilà, smart radio Miles Davis lancée. Parfait pour un bel après midi.
:)
j’attends la validation de mes photos ^^ !
Elles ne pourront être que plus belles que les miennes. Un peu vert quand même de n’avoir pu repasser chez moi chercher mon matos.
Idem, confirmation le matin même. C’était la course pour moi aussi …
Au plaisir de se recroiser !
Ah ça me donne bien envie. Impatient d’être au 15 ! (Pour Miles hein, pas pour la picole)
C’est étonnant, je ne te voyais pas du tout amateur de jazz Benjamin.
Je trouve ce blog de mieux en mieux tenu (et écrit). Bravo !
Merci David, c’est en effet le but que je me suis donné ! :)
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