Les Plages Electroniques : exigence artistique et succès populaire
Publié le 14 août 2009 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Festivals | 1 commentaire »Hier, les Plages Electroniques clôturaient leur session 2009 par une soirée breakbeat bailefunk toujours aussi courue. En seulement quatre éditions, les Plages se sont imposées comme le plus gros festival de la Côte d’Azur. Retour sur un succès populaire qui ne se dément pas.
Cinq soirées, 55 000 personnes. Il n’y a plus aucun doute à avoir, les Plages Electroniques sont désormais le plus important festival de la Côte d’Azur en terme de fréquentation. Dans la région, seules les Nuits du Sud de Vence l’égalent, mais en onze dates ! Ce pari débuté en 2006 avait rassemblé à l’époque 7000 personnes, toujours en cinq soirées.
Ces cinq dates font en effet partie intégrante de l’identité du festival. Chacune d’entre elles aborde une facette différente de la musique électronique : techno minimale, electro, drum’n’bass, electro hip-hop et breakbeat bailefunk. Programmation éclectique dont les détracteurs ne manqueront pas de souligner le manque d’unité, mais qui a le mérite de s’adresser à tout le monde et de combler les désirs de chacun.
Cette année, quelques belles têtes d’affiche ont créé l’événement. Yuksek et Brodkinsky pour le duo le plus en vue de la scène electro française, Andy C l’une des légendes de la drum’n’bass anglaise, mais surtout Afrika Bambaataa l’initiateur de la Zulu Nation qui donnera naissance au mouvement hip-hop. De quoi déplacer les foules et les amateurs de musique électronique.
Mais l’avis général est unanime, le public vient surtout pour l’excellente ambiance qui règne aux Plages. Avec un tarif d’entrée imbattable de 5 euros, le prix d’une bière, le succès populaire est forcément au rendez-vous. Le festival est même pour certains la seule occasion de l’année de voir une programmation pointue et de qualité, face à l’inflation permanente des prix des concerts et soirées. Faut-il rappeler qu’il fallait débourser 90 euros pour voir U2 jouer à Nice en juillet ou encore 200 euros pour assister au concert de Prince à Monaco hier soir ?
Avec Pantiero, les Plages Electroniques placent désormais Cannes en tête de la course estivale qui l’oppose à Nice sur le thème des musiques actuelles. Si la capitale azuréenne proposait fin juillet le Cross Over Festival, elle fait tout de même figure de belle endormie face à l’hyper activité cannoise de l’été. Cela fait d’ailleurs des jaloux, comme le prouvait la double page assassine de Nice-Matin, qui n’hésitait pas une seule seconde à faire l’amalgame entre les Plages et la consommation de stupéfiants, exploitant là le classique raccourci en vogue depuis les 90s mais depuis largement éculé : musique électronique = drogue.
2009 sera donc l’année charnière pour les Plages qui devra éviter de céder à plusieurs tentations faciles. La première serait d’augmenter le prix d’entrée. 5 euros, c’est peu et très proche de la gratuité, parfait pour les kids et certaines catégories sociales n’ayant que peu l’occasion de s’offrir une place de concert au cours de l’année. La seconde serait pour le festival de désormais vivre sur son seul nom et sa réputation. L’événement est maintenant incontournable sur la Côte d’Azur. Rogner sur la programmation et proposer un line-up moins pertinent serait également une erreur et entamerait la crédibilité artistique des Plages.
Deux pièges que l’organisation se devra d’éviter pour l’édition 2010 qui, si elle suit l’augmentation exponentielle de ces dernières années, s’annonce d’ores et déjà mémorable.


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A.S PhotOGraphic