Émilie Simon / The big machine / Interview
Publié le 22 juin 2009 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques, Interviews | 10 commentaires »Émilie Simon est tout simplement l’une des plus talentueuses chanteuses francophones actuelles. Habillant ses chansons d’une musique électronique pointue et intelligente, la Montpelliéraine d’origine est désormais installée à New York et sortira le 21 septembre prochain son nouvel album, The big machine. Rencontre avec une artiste qui ne laisse pas de marbre.
Tu reviens en septembre avec un nouvel album. Surprise, il est en anglais. C’est une première.
J’avais déjà chanté en anglais sur les précédents albums, mais cette fois-ci c’est en effet tout l’album. J’habite maintenant à New York, c’était donc assez naturel pour moi de me tourner vers cette langue dans laquelle je baigne désormais.
Tu as quitté la France pour des raisons personnelles ?
Oui, j’avais envie de changer de vie, de voir autre chose. Et ça a été une très bonne chose puisque j’ai rencontré des tas de gens là-bas.
C’est là-bas que tu as recruté ceux qui ont travaillé avec toi sur ce nouveau disque ?
Oui, notamment Kelly Pratt (qui officie au sein de Beirut ou Arcade Fire) qui a travaillé sur les arrangements de cuivre. On a des amis en commun et je me suis retrouvé un soir par hasard au concert d’un de ses projets, Team B.
Aucun musicien avec qui tu avais travaillé avant n’est donc présent sur The big machine ?
Non, c’était bien plus cohérent de ne travailler qu’avec de nouveaux musiciens. J’avais envie de neuf, ça correspondait à mon envie à ce moment-là. Il fallait donc que je laisse de côté pour un temps mes anciennes collaborations.
Le fait qu’ils soient américains, donc d’une autre culture, n’a pas posé problème pour appréhender ta musique ?
Non pas du tout, je savais de qui je m’étais entourée et donc que ça se passerait bien. Je connaissais leur univers et leur sensibilité, donc j’étais confiante.
Comment s’est passé le travail en studio avec ces musiciens ? Quelle liberté leur laisses-tu ?
J’arrive en studio avec mes partitions déjà écrites, on joue le morceau et puis au fur à et mesure, les propositions des musiciens viennent. Les idées arrivent et on commence à en parler, les appliquer, broder sur ma composition.
T’arrive-t-il de refuser la proposition d’un musicien ? N’est-ce pas trop difficile de dire non ?
Non, car en général, ce que propose le musicien ne va jamais trop loin. Encore une fois, ce sont des gens avec qui l’on a choisi d’être entouré, donc on connait leur parcours, leur musique, leurs influences. C’est pour ça qu’on est allé vers eux.
Comment s’est passée la composition de cet album ?
Cette fois-ci, je ne me suis aidé que de mon piano. Je me suis tenue à ne composer que pendant un an seule avec mon piano. J’avais envie de sortir des choses qui nécessitaient la spontanéité du piano, ce qu’on peut difficilement avoir avec les machines. Je devais exprimer des choses à cette époque. Pas toutes sont sur l’album, mais elles devaient en tout cas toutes sortir.
Comment as-tu réalisé la sélection ?
J’ai fait une petite tournée aux États-Unis en solo, avec clavier et machine. En fait, je me suis rendu compte que je ne jouais pas du tout certains morceaux, c’est donc ceux-là que je n’ai pas retenus sur l’album.
C’est parce que tu étais mal à l’aise en les interprétant ?
Non, je ne les ai finalement même pas joués. Je me rendais compte qu’à chaque fois qu’arrivait le moment où je devais les jouer j’en choisissais un autre au dernier moment.
En écoutant ton dernier album, on pense inexorablement à Kate Bush et de plus en plus.
Oui effectivement, je me suis rendue compte aussi (sourire). C’est une artiste que j’ai beaucoup écoutée, la première qui était également productrice de ses chansons, donc elle m’a beaucoup marqué. Même si j’avais déjà quelques sonorités communes, cette fois-ci, tout est sorti comme ça. Apparemment il fallait que toutes ces influences murissent un peu.
Pourquoi avoir choisi de t’orienter vers la chanson, alors que tu viens d’études de musique plutôt savantes (musicologie, IRCAM) ?
Si ces études étaient vraiment très intéressantes, elles demeuraient du moins trop théoriques. J’avais envie d’exprimer des choses qu’on ne peut pas exprimer avec ce genre de musique. Mais par contre, tout ça m’a vraiment servi pour façonner ma musique ensuite et l’enrichir.
Tu as d’autres influences importantes dans la chanson au sens générique du terme ?
Oui, Joni Mitchell en fait partie, donc si un jour je fais un album de folk, tu sauras pourquoi !
L’album The big machine sortira le 21 septembre chez Barclay

Bin on a hâte… tout simplement.
p’tit veinard.
Wouah une interview d’Emilie… tu l’as rencontrée ? she’s so cute lucky you.
C’est exactement ce que je me suis dit en la rencontrant. :)
Pour elle aussi les photos étaient interdites ?
Ça pour une bonne nouvelle…
Chouette artiste, chouette itw. Hâte d’écouter ça !
Merci ! Et si l’application Dictaphone de mon iPhone avait fonctionné, elle aurait bien meilleure. Tu devrais en faire un billet tiens ! ;)
Humm ! Très impatient, très bonne interview ! Merci !
[...] dernières créations désormais toutes en anglais. Comme la chanteuse nous l’expliquait dans une interview en juin dernier, The big machine marque clairement une nouvelle étape dans sa carrière. [...]