Jarvis Cocker / Further complications
Publié le 12 mai 2009 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Disques | 4 commentaires »Avec la fin de Pulp, on pensait avoir perdu à tout jamais l’une des plus grandes voix de la pop anglaise. Depuis Jarvis Cocker vivotait dans un coin de la scène musicale. Il lui aura fallu cinq ans depuis la fin du groupe pour sortir son dispensable premier album solo sobrement intitulé Jarvis. Trois ans plus tard, il s’entoure pour la première fois depuis Pulp d’un vrai groupe, sort les guitares et se laisse pousser une barbe de Père Noël rock’n’rol pour Further complications.
À trop vouloir faire les choses tout seul, Jarvis Cocker s’était fourvoyé dans une pop très lointaine de l’élégance et de l’évidence mélodique de celle de Pulp. Sans aucun doute, Jarvis n’y arrivera plus jamais. Un groupe n’est pas que son leader, c’est aussi une entité à part entière qui influe complètement ou en partie sur le résultat final.
Pour l’enregistrement de cet album, le chanteur a donc repris la route du studio avec le groupe qui l’accompagnait sur scène. Cette fois-ci, le compositeur n’est pas venu seul avec ses partitions, mais a réellement répété les morceaux avec ses musiciens pour qu’ils puissent les imprégner d’une vraie énergie rock qui avait tendance à se perdre dans les dernières chansons du bonhomme. Si on rajoute à cela la patte de Steve Albini à la production on obtient un son à la hauteur des chansons de l’album. On en attendait pas moins de celui qui s’était occupé du In utero de Nirvana, du Surfer rosa des Pixies ou encore du superbe Rid of me de PJ Harvey.
Bonne nouvelle, le résultat est à la hauteur de l’espoir qu’on avait gardé en Jarvis Cocker. Encore mieux, on découvre même le chanteur sous un nouveau jour plus spontané et moins maniéré. Tout en classe retrouvé, on espère le voir ainsi repartir pour vingt ans.
Further complications (Rough Trade) / Format numérique le 18 mai / Dans les bacs le 1er juin.

mmm, je valide pas le « dispensable » pour l’album Jarvis. yavait quand même de très bons titres (black magic koi !), même si je reconnais que sur la fin, les titres s’essoufflaient oue.
En tant que blog musical ça serait bien que tu fasses un papier sur Hadopi… Ce que tu en penses, ou bien alors les perspectives pour les artistes (notamment ceux que tu as rencontrés).
@Steven : un album avec un bon titre, pour moi il reste dispensable. :) Plus sérieusement, je le trouvais quand même peu inspiré par rapport aux sommets atteints avec Pulp.
@David : Hadopi, j’en bouffe toute la journée, en vrai ça me gonfle d’en parler encore ici. Place plutôt à la musique !
Jarvis sans Pulp a toujours autant du mal à me convaincre… « different class » reste intouchable !