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Interview : Housse de Racket défie la hype avec Forty love

Publié le 3 août 2008 | Ecrit par | Catégories : Disques, Interviews | 4 commentaires »

housse-de-racket-01.JPGGroupe hype du moment par excellence, on n’a pas fini d’entendre parler du buzz Housse De Racket. Ce duo yvelinois n’a que peu à envier à leurs proches voisins versaillais qu’ils connaissent d’ailleurs très bien. Enfants de la french touch, le groupe distille une musique navigant entre pop, funk et musique électronique qui risque bien d’être la sensation française de cet automne. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Victor, batteur de la formation. Il nous dit tout sur Housse De Racket.

Good Karma : Victor, peux-tu nous en dire un peu plus sur la genèse de Housse De Racket ?
Victor : Avec Pierre, guitariste et chanteur du groupe, nous nous connaissons depuis toujours. Nous habitions Chaville à l’époque et nous nous croisions souvent sans vraiment nous parler. Et puis un jour au conservatoire, nous portions tous les deux un T-shirt Pearl Jam et nous avons logiquement sympathisé. Nous avions treize ans, lui faisait de la guitare et moi des percussions, tous les deux en style classique.

GK : C’est à cette époque que vous avez commencé à jouer ensemble ?
V : Plus ou moins, nous avions surtout monté un groupe quand nous avions seize ans. Un grand groupe de funk avec les cuivres qui vont avec. Nous avons fait trois ans de concerts dans toute la région et nous commencions à avoir une petite réputation dans le coin. À l’époque, et toujours maintenant d’ailleurs, nous vénérions James Brown, Mickael Jackson et surtout Stevie Wonder. Mais nous avions déjà une sensibilité pop grâce aux Beatles.

GK : Comment en êtes-vous venus à la musique plus électronique alors ?
V : Nous nous sommes tout simplement pris la vague French touch en plein ! Avec Cassius, mais surtout Air et Daft Punk. Ça a été une vraie révélation pour nous. À partir de là, nous avons dissous notre groupe, avons acheté quelques synthétiseurs analogiques pour monter notre home studio et avons commencé à faire de la house.

GK : Pourtant, il ne semble pas que la house pure et dure soit vraiment présente sur votre album ?
V : En fait, nous nous sommes rendu compte que la house était un exercice de style vraiment difficile, donc nous avons vite compris qu’il nous fallait passer à autre chose. Nous avons donc commencé à enregistrer notre album.

GK : Justement, parle-nous un peu de Forty love, il est présenté comme un concept album à la manière de Ziggy Stardust, L’homme à la tête de chou ou encore Phantom of the paradise.
V : Oui, mais disons qu’on ne se compare absolument pas à ces chefs-d’oeuvre, c’était seulement pour donner une idée sur le concept. Au début nous avions enregistré un disque très électronique, mais quand Disovery de Daft Punk est sorti, nous nous sommes rendu compte qu’il racontait presque la même histoire ! Fatalité, notre disque dur est tombé en panne et nous avons perdu la presque totalité de ce disque. Nous nous sommes donc attelés à le faire évoluer dans un autre sens.

housse-de-racket.jpgGK : Tout en conservant votre énigmatique nom de Housse De Racket ?
V : Oui, nous avions trouvé ce nom au début dans le sens « nous voulons racketter la house ». Même si notre musique a évolué vers plus d’ouverture, nous avons malgré tout gardé le nom qui nous permettait justement de décliner le concept : l’histoire de deux champions de tennis très bons côté court, mais très malheureux côté coeur. Et ce scénario est décliné tout au long de l’album. Malgré tout, on peut prendre les chansons séparément en les comprenant sans aucun problème.

GK : Comment avez-vous travaillé pour cet album ? Quelle est votre répartition des rôles au sein du groupe ?
V : De par nos formations respectives, chacun a des rôles attribués naturellement, moi la batterie, Pierre la guitare. C’est lui qui assure la majeure partie du chant, même si j’y participe un peu. Et ensuite nous travaillons tous les deux sur les séquences de synthé. Mais nous sommes très peu bidouilleurs, notre formation classique fait que nous écrivons souvent la musique et que nous aimons que les choses soient assez carrées.

GK : Est-ce un avantage pour vous d’avoir cette formation classique dans cette galaxie de groupes autodidactes ?
V : Oui, ça nous permet de mieux comprendre la musique et nos facultés de musiciens nous ont surtout permis d’accompagner sur scène bon nombre de groupes : Phoenix, Alex Gopher, Yellle, Benjamin Diamond ou encore les Teenagers en ce moment même pour moi.

GK : C’est cette approche classique qui veut aussi que vous chantiez en français ?
V : D’une certaine manière oui, mais nous ne sommes pour autant pas du tout influencé par la chanson française actuelle. Seule Gainsbourg l’est vraiment, mais il est impossible de faire mieux que lui, nous écrivons donc nos textes avec une approche plutôt anglo-saxonne : la forme et la sonorité plutôt que le fond.

GK : C’est pourquoi il y a aussi plusieurs expressions en anglais comme l’énumération des artistes influents dans Oh yeah ! qui reprend d’ailleurs le même concept que Teachers sur le premier album de Daft Punk ?
V : Oui, en fait on s’en est rendu compte après coup, mais comme on trouvait le clin d’oeil marrant, on a gardé ce passage qui en plus sonne très bien.

GK : Par peur de vous couper d’un public international à cause de ça, alors que vous en avez la capacité ?
V : Non au contraire, ça peut justement être un élément de différentiation et d’exotisme dans certains pays. Et puis cette approche anglo-saxonne fait que nos textes restent accrocheurs.

GK : Vous avez déjà une très grande expérience de la scène ?
V : Oui, je reviens d’ailleurs de Glastonbury où j’ai joué avec les Teenagers, c’est une expérience assez incroyable. Mais nous avons aussi écumé les studios et joué sur pas mal d’enregistrements d’albums.

GK : C’est ce monde très spécial des musiciens de studios qui a fait que vous avez eu envie de réaliser votre propre musique ?
V : En partie oui. Ces musiciens sont toujours très bons techniquement, mais sont là seulement pour cachetonner et sont souvent loin d’avoir bon goût. Il y a finalement très peu de place pour la création dans leur métier.

GK : Finalement comment s’est passée la rencontre avec Gonzales et Renaud Létang ?
V : Nous connaissons bien Teki Latex (NDLR : qui fait notamment partie du groupe electro/hip-hop TTC) dont l’album solo a été réalisé par le duo. Nous avions donc rencontré quelques fois Gonzales. Puis nous avons réalisé que nous habitions dans le même quartier de Paris, car nous n’arrêtions pas de nous y croiser. Un jour, il m’appelle, car il a entendu parler de notre album en cours de préparation. Je file donc chez lui, lui faire écouter. Grosse surprise pour moi, voilà Gonzales vraiment conquis, mais surpris de l’état d’avancement du disque. Il me dit donc qu’il ne peut pas faire grand-chose de plus dessus, mais nous propose Renaud Létang pour réaliser le mixage.

GK : J’imagine que vous n’avez pas dû hésiter longtemps.
V : En effet, quand on connait la renommé du bonhomme et que l’on sait avec qui il a travaillé (NDLR : Feist, Manu Chao, Micky Green, Souchon et d’autres grands succès de ces dernières années), c’est difficile de dire non. On s’est donc retrouvé au studio Gang, le vieux studio des années 70 de Michel Berger, où Daft Punk était d’ailleurs en train de finir d’enregistrer son nouvel album. En deux jours nous avons enregistré quantité de prises qui ont permis de compléter ce que nous avions déjà enregistré dans notre home studio. Puis Gonzales a réalisé un excellent remix de Oh yeah ! et quelques solos de clavier sur certains morceaux, mais il a surtout beaucoup fait pour la promotion de notre musique.

GK : Vous avez déjà donné beaucoup de concerts sous votre nom aussi, quelle formation avez-vous sur scène ?
V : Nous sommes seulement tous les deux avec un ordinateur qui fait tourner quelques boucles et les lignes de basse. Nous avions trois musiciens de plus à nos débuts, mais nous avons dû étrenner cette formule en duo pour la tournée en première partie de Phoenix, faute de budget, mais qui du coup nous a bien plu.

GK : Comment expliques-tu la hype actuelle à propos de Housse De Racket ?
V : C’est surement du en partie au fait que nous côtoyons depuis longtemps une bonne partie des groupes de la French Touch. Ils sont de Versailles, nous sommes de Chaville, juste à côté, ça crée des liens. Et puis nous avons joué tellement souvent pour eux. Notre single Oh yeah ! illustre également une publicité Lacoste qui du coup nous sponsorise. Forcément, tout ça crée une attente. Enfin, nous avons aussi beaucoup joué au Paris Paris, au Showcase ou encore au Baron, qui nous a beaucoup soutenu.

GK : Justement, quand sortira donc votre album ?
V : Il sera dans les bacs le 13 octobre prochain, nous sommes vraiment très impatients et nous réalisons seulement maintenant qu’il va enfin sortir. Nous sommes en train de finaliser la pochette et il vient de partir au pressage pour les copies promo.

GK : Des dates de concert de prévues ?
V : Oui, lors de la sortie du disque on enchaine une semaine entière de concerts et showcase dans toute la France et on attend surtout très impatiemment notre concert du 29 octobre à la Boule Noire à Paris !

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4 commentaires pour “Interview : Housse de Racket défie la hype avec Forty love”

  1. 1 David Bénard a dit le 4 août 2008 à 10:05 :

    Quelle (longue) interview de qualité (sans rire !). Mais une question : ça va intéresser qui ?

    :)

  2. 2 Jean-Sébastien a dit le 4 août 2008 à 11:01 :

    Les fans de French Touch ! :-)

  3. 3 cataras a dit le 15 août 2008 à 14:54 :

    Je trouve le clip vraiment très réussi !

  4. 4 Chronique : Housse De Racket - Forty love a dit le 30 octobre 2008 à 06:57 :

    [...] soit le batteur Victor Le Masne que nous avions eu la chance de rencontrer à l’occasion d’une interview, il faut avouer que le disque nous a laissés sur notre faim. Pourtant, le musicien ne nous avait [...]


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