On a lu : Volume, le nouveau mensuel des Inrocks
Publié le 9 juin 2008 | Ecrit par Jean-Sébastien Zanchi | Catégories : Non classé | 32 commentaires »
Les Inrocks ont lancé cette semaine un nouveau mensuel baptisé Volume. Good Karma l’a lu et vous donne son avis sans concessions.
Autant poser tout de suite les bases et éviter les postures hypocrites, je n’ai jamais été très fan des Inrocks… Même si j’écoute une bonne partie de la musique qu’ils abordent, le ton trop sur de lui, l’enthousiasme pour des groupes parfois moyens, le retournement de veste et la posture décalée ne m’ont jamais enchanté. Dans les 90s je préférerais largement Best, Coda et Magic (que je lis toujours) bien plus cohérents avec eux même.
Devenu depuis hebdomadaire, Les Inrocks se relance donc dans le mensuel avec pour but avoué de poursuivre « le travail de défrichage de l’hebdomadaire dans une version longue, au format que réclamait la profusion actuelle de musiques d’histoires, de genres, de croisements et de moyens de diffusion ». Tout un programme.
Alors que trouve-t-on dans le premier numéro de ce magazine ? On commence par une énième couv’ consacrée à Radiohead, on n’est donc pas du tout dans le défrichage. Au sujet de ce groupe, que j’adore entre nous soit dit, un leaflet de 16 pages est également inclus dans le magazine. J’avais d’ailleurs pu m’en procurer un juste avant le concert de Rage Against The Machine à Bercy.
Pour surfer sur la vague Radiohead du moment (ils passent en concert à Bercy les 9 et 10 juin prochains), voilà donc une petite compilation des chroniques de leurs albums parues dans les anciens numéros des Inrocks. Et je dois dire que j’ai été particulièrement interloqué par le tour de passe-passe de Jean-Daniel Beauvallet (grand manitou de la publication) qui au lieu de publier la chronique originelle et assassine du premier album Pablo honey (méritée, ce n’était pas un bon disque) se fend d’un papier racontant qu’ils s’étaient alors plantés, avaient fait beaucoup de mal aux membres du groupe et met en passant en porte-à-faux son journaliste Christian Larrède (« un de nos piliers de province » ! ) qui avait écrit cette chronique. Quand on vous dit que parfois les Inrocks n’assument pas leurs propos…
Bref, ce malheureux épisode passé, on finit par lire le magazine proprement dit. Les premières pages foisonnent de news, brèves, liens vers les meilleures vidéos du Net. Plutôt sympathique et instructif même si la mise en page un peu brouillonne n’aide pas à la lecture. Puis arrivent les papiers plus longs. Les concerts pour ados en Angleterre (sujet original traité par JD Beauvallet himself et Ben Beauvallet, autant travailler en famille), Danger Mouse, Katerine (plus banal, surtout pour le second qui n’a aucune actu) et Sean Kuti (fils de Fela, sympathique). Puis vient ensuite le papier de dix pages consacré à Radiohead (plutôt intéressant et bien documenté).
Un autre papier fait la part belle au disco, genre trop souvent limité aux Bee Gees. Malheureusement, l’auteur fait un peu trop la part belle aux jeunes pousses (Calvin Harris et les Chromatics) sans se pencher assez sur les origines pourtant passionnantes du genre à New York par David Mancuso, Larry Levan et consorts. Et puis on remarque un nouveau revirement des Inrocks qui portent une nouvelle fois aux nues le Daft Punk actuel et Giorgio Moroder. Un comble lorsque l’on relit leur chronique originale de Homework qui détruisait le disque (pourtant largement le meilleur du groupe qui s’est depuis totalement perdu) et traitait l’important Moroder de « connard ». Jubilatioire.
Alors que reste-t-il à Volume ? Un excellent papier de Christophe Conte (tiens, le même qui avait détruit Homework) sur Dennis Wilson, frère de Brian, mais non moins membre éminent des Beach Boys et quelques chroniques dont seulement deux notent un disque en dessous de la moyenne. Comme quoi on dirait qu’il n’y a finalement que de la bonne musique. On continuera en tout cas à suivre avec grand intérêt les prochains numéros de Volume pour voir comment ce magazine évolue et s’il arrive à sortir des travers que nous avons soulignés. On leur souhaite également bonne chance de manière sincère (si si je vous assure), lancer un nouveau magazine musical actuellement est un vrai quitte ou double, un défi en l’état actuel de la presse papier en France. Le magazine est disponible dans tous les kiosques au prix de 4,95 euros et propose également un site Internet qui présente l’intérêt de ne pas être un copier/coller du magazine papier.
Et vous qui l’avez lu, vous en pensez quoi ?
A priori pas ma tasse de thé… La couv’ me fait penser au mag anglais Q. Idem à l’intérieur ?
[...] Edit 9 juin : [Good Karma a lu pour vous / nous / eux le pavé et donne son avis [...]
Globalement d’accord avec ce qui se dit là. Pour ceux que ça intéresse j’ai interviewé le rédac chef de Volume, c’est ici sur mon blog http://parlhot.over-blog.com
Merci pour le lien de ton interview, très intéressante !
Sylvain toujours sur les bons coups…
Sinon bon décryptage monsieur. Jene vois pas l’apport de ce canard mais effectivement on ne peut pas saluer le courage (témérité) d’un tel choix.
Bon, je suis quand même content de voir que je ne suis pas le seul à avoir cette vision du magazine.
Loin, de là mon brave. Loin de là.
Mais que voulez vous, il faut garder deux choses à l’esprit : on peut toujours se tromper (les Inrocks par exemples, mais qui sait, nous aussi peut être), et quand on regarde par terre (comme c’est le cas de nombre de rédactions) on ne peut pas voir ceux qui tentent de défricher d’autres chemins…
Tout à fait, je ne prétends absolument pas avoir la science infuse, mais tout simplement assumer mes choix qui correspondent souvent à un instant T.
Dans ce sens, Les Inrocks sont donc un très mauvais exemple, il suffit de voir les deux cas dont je parle (Pablo Honey et Homwork)…
En tant qu’ex-Coda (et actuel Trax), content de voir que certains se souviennent et aimaient ce mag. Maintenant, hormis quelques injustice dans ton papier (l’article disco est tout de même très bon et l’auteur évoque tout ce que tu penses ne pas y trouver, NY 1976, Arthur Russel, Mancuso etc, mais c’est un détail), je trouve que Volume s’en sort bien (alors que je ne lis plus les inrocks depuis près de 5 ans), pourtant un truc me chargine (et me choque même) : les rubrique d’intros sont presque toutes piquées à Trax ou Rock »n’folk (exemple, la rubrique bons plans web, c’est Tsugi, la rubrique clips youtube, c’est Trax, les pages rééditions c’est Rock’n'folk dont ils reprennent d’ailleurs presque la maquette trait pour trait…) O_o Il y a du procès dans l’air non ????
Content de savoir qu’un ancien de Coda lit Good Karma ! :-)
Pour l’article disco, la période en question reste relativement succincte. Et j’ai du mal à trouver des réminiscence de celle-ci dans la musique de Calvin Harris ou des Chromatics. Mais ce n’est que mon avis !
Là où vraiment ça coince pour moi, c’est de voir comment Daft Punk et Moroder y sont encensé, lorsqu’on lit la chronique méprisante pour les deux écrite à l’époque…
Pour rappel le mépris est vendeur. Comme l’encensement exagéré.
Allez comprendre où se terre l’intelligence…
Je pense que l’un des gros problèmes actuel de la presse musicale est le copinage. Du coup, on encense ce qu’on connaît bien et on descend ceux qui ne vous aiment pas…
Assez vrai, avec en prime pour les ‘dinosaures sus-évoqués’, un orgueil professionnellement déplacé qui est au journalisme ce que les bavures sont à la police.
Il faut noter également, que c’est assez vrai pour nombre de webzines et blog : le copinage étant assez dur pour les sans-nom du coup dès qu’ils en décrochent un, les bloggueurs en font des caisses. Cf mon « encensement » suscité.
Vrai aussi !
Ca depend de l’etat d’esprit du webzine. Perso le copinage passe apres la qualité de ce qu’on veut bien me faire découvrir.
C’est l’avantage de ne dependre de personne financierement.
Bon Volume, aucun crédit photo (hormis 2, sur la centaine (???) dispo. Mais c’est vrai que la photo de concert, c’est pas de la vraie photo. Donc pourquoi créditer.
Perso le copinage passe apres la qualité de ce qu’on veut bien me faire découvrir.
-> tout à fait d’accord. Bienvenue dans le free-lance
la photo de concert, c’est pas de la vraie photo.
-> Pas du tout d’accord.
Bienvenue dans le débat d’idée ;)
Oui non … mais comment t’expliquer. Je suis pas du tout d’accord non plus hein. C’etait du 300e degré … (chuis photographe, et spécialisé dans le concert …)
@Rod : Ah bon ? Tu fais des phtotos ? ;-)
Fumier :)
Billy a parfois du mal avec le second degré… alors le 300e degré… ;-)
Oh ça balance là ! :-D
Quel degré ? ça a un rapport avec la chaleur ?
Trop bon, vous avez un humour encore plus lourd que le mien, je suis fan ! :-D
Disons que Sylvain et moi avons un numéro de troupier très rodé.
Bientôt en tournée dans votre ville…
Comme ça tu pourras faire des photos Rod ! :D
Tu nous donneras les date de votre tournée j’en ferai un billet… ;-)
Je ne photographie uniquement que si vous me promettez de ne pas me citer dans vos supports respectifs. Je veux etre reconnu grace à l’image que je vehicule, et non grace à mon nom.
MERCI.
:)
L’avantage des webzines c’est que le copinage est indentifié par un tag et donc, lisible, honnête et assumé, lui… ; ))
Absolument, mais bon, c’est pas pour ça que j’aime les photos de Rod hein ! :-p
Tag = copinage. Tiens. Je croyais que tag = maniere de categoriser differemment ses articles. On m’aurait menti ? :)
Arrete JS, ca commence à se voir que je t’ai payé pour du publi reportage ! :)
« les rubrique d’intros sont presque toutes piquées à Trax ou Rock”n’folk (exemple, la rubrique bons plans web, c’est Tsugi, la rubrique clips youtube, c’est Trax »
Reste à savoir à qui Volume a piqué l’idée de parler de musique .
[...] pas parlé de Volume, le tout récent mensuel musical crée par les Inrocks. Quoi de neuf depuis le premier numéro que je n’avais pas spécialement apprécié [...]